Tensions Iran-USA: Sanctions américaines contre Khamenei, l’ONU appelle au dialogue

Donald Trump, entouré par son secrétaire au Trésor Steve Mnuchin et le vice-président Mike Pence, a approuvé de nouvelles sanctions contre l’Iran, le 24 juin 2019. — Sipa USA/SIPA

L’ONU tente de jouer les médiateurs. Le Conseil de sécurité a appelé lundi, dans une déclaration unanime approuvée par ses 15 membres, « au dialogue » et à des mesures pour mettre fin aux tensions dans le Golfe. Un appel aussitôt rejeté par Téhéran, alors que les Etats-Unis ont annoncé lundi de nouvelles sanctions visant notamment le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

« Pour atténuer les tensions dans l’ensemble de la région du Golfe, les Etats-Unis doivent arrêter leur aventurisme militaire, comme leur guerre économique et le terrorisme contre le peuple iranien », a insisté l’ambassadeur iranien à l’ONU, Majid Takht Ravanchi.

Condamnation des attaques contre des pétroliers… sans citer l’Iran

A l’issue de leur réunion à huis clos qui a duré deux heures, demandée par Washington afin d’exposer les enquêtes américaines sur les récentes attaques de pétroliers dans le Golfe et la destruction d’un drone américain, les 15 membres du Conseil de sécurité ont dans leur déclaration commune « condamné les attaques contre des pétroliers qui représentent une menace sérieuse à la navigation maritime et l’approvisionnement » énergétique. Leur texte ne cite pas l’Iran et n’évoque pas le drone américain abattu jeudi par Téhéran.

Le Conseil de sécurité « exhorte les parties concernées et tous les pays dans la région à observer la plus grande retenue et à prendre des mesures pour réduire l’escalade et mettre fin aux tensions », ajoute la déclaration. « Les divergences doivent être traitées pacifiquement et via le dialogue », insiste le Conseil.

Nouvelles sanctions américaines

Les Etats-Unis ont annoncé lundi de nouvelles sanctions « dures » contre l’Iran, visant notamment le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs hauts gradés des Gardiens de la Révolution. Avec ces nouvelles mesures, le « climat » n’est pas au dialogue, a fait valoir Majid Takht Ravanchi. « Vous ne pouvez pas entamer un dialogue avec quelqu’un qui vous menace, qui vous intimide ». « Le climat » pour un dialogue « n’existe pas à ce stade », a-t-il estimé.

Lors d’une déclaration commune à l’issue de la réunion du Conseil, la France, l’Allemagne et le Royaume Uni, « gravement préoccupés par les tensions croissantes dans le Golfe », ont appelé aussi « à la désescalade et au dialogue ».

Alors que le Conseil de sécurité doit tenir mercredi une réunion régulière sur l’application de l’accord nucléaire international de 2015, les trois pays ont affirmé « leur engagement à (sa) mise en oeuvre intégrale ». Cet accord, « selon nous, contribue à réduire les tensions dans la région et à assurer la non-prolifération nucléaire mondiale », ajoute leur déclaration en demandant, sans nommer les Etats-Unis qui se sont retirés en 2018 de l’accord, d’« éviter toute action susceptible de saper ce pilier essentiel du régime de non-prolifération et de notre sécurité collective ».

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