Tensions à Taïwan : La Chine n’a pas dit son dernier mot, alors que Taipei sort les balles réelles

Vous avez raté les derniers événements concernant le regain de tension autour de Taïwan ? Pas de panique, 20 Minutes fait le point chaque jour, depuis la visite de Nancy Pelosi, numéro trois américaine et présidente de la Chambre des représentants, qui a largement refroidi les rapports entre la Chine et les Etats-Unis. Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Où en sommes-nous ? La réponse ci-dessous :

Le fait du jour

Malgré les appels des Occidentaux et du Japon, la Chine a annoncé lundi la poursuite d’exercices militaires près de Taïwan « à tir réel » qui devaient pourtant s’achever dimanche midi. Lancés après la visite de Nancy Pelosi sur l’île revendiquée par Pékin, ils avaient pour but de s’entraîner à un « blocus » de l’île, selon les médias officiels chinois. Ces vastes manœuvres ont toutefois perduré dans six larges zones tout autour de Taïwan ce lundi.

« L’Armée populaire de libération (…) continue de mener des exercices pratiques interarmées dans l’espace maritime et aérien autour de Taïwan, en se concentrant sur des opérations conjointes anti-sous-marins et d’assaut en mer », a ainsi indiqué dans un communiqué le Commandement Est de l’armée chinoise.

Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a souligné que la réaction de Pékin était « légitime, rationnelle et légale ». « Il s’agit d’un avertissement aux fauteurs de troubles ainsi que d’une leçon aux partisans de l’indépendance de Taïwan », a-t-il souligné. Et de conclure : « Nous appelons les Etats-Unis à faire un examen de conscience et à rectifier leur erreur au plus vite (…) ainsi qu’à cesser de jouer la carte de Taïwan afin d’entraver (le développement de) la Chine. »

Le chiffre du jour

105. C’est le nombre de restaurants chinois sur l’île de Taïwan, a affirmé dans un tweet une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying. C’est aussi ce qui lui a permis de justifier l’appartenance de Taïwan à la Chine… et lui a valu par la même occasion une avalanche de moqueries en ligne. « 38 restaurants (proposant de la cuisine de la province chinoise) du Shandong et 67 restaurants de nouilles (de la province) du Shanxi », a-t-elle écrit en détail.

La phrase du jour

Ce qu’il a écrit ne m’a pas choqué. Il n’est pas excessif de dire que cette visite, le 4 août, était tout sauf de la nuance et de l’équilibre ! »

Tels sont les mots du secrétaire national du PCF Fabien Roussel qui, dans le journal Libération ce lundi, est revenu sur les propos de Jean-Luc Mélenchon. Sur son blog, le chef de file des Insoumis avait assuré la semaine dernière que la visite de la présidente de la Nancy Pelosi à Taïwan était une « provocation ». « Dans un moment où les tensions dans le monde sont très exacerbées, tout doit être fait pour éviter la moindre provocation », a ajouté Fabien Roussel, selon qui il est « malvenu qu’un seul pays », en l’occurrence les Etats-Unis, « décide d’une telle initiative pour provoquer un incident avec la Chine ».

La tendance du jour

De son côté, le ministère taïwanais des Affaires étrangères a condamné par communiqué une poursuite des manœuvres chinoise qui porte « atteinte au statu quo dans le détroit de Taïwan et fait monter les tensions dans la région ». Et dans la foulée, les forces armées taïwanaises ont annoncé qu’elles organiseraient cette semaine des exercices militaires à balles réelles simulant une défense de l’île contre une invasion chinoise.

Elles s’entraîneront à faire face à des débarquements mardi et jeudi dans la région de Pingtung, à l’extrême sud. Plusieurs centaines de soldats et environ 40 obusiers seront déployés pour ces exercices, d’après la même source. Selon l’armée, ces exercices étaient déjà programmés et ne sont pas une réponse aux exercices chinois…