Tempête Alex dans les Alpes-Maritimes : « La course contre la montre » des enquêteurs pour identifier les victimes

Les secouristes cherchent encore d’autres victimes — LIONEL URMAN/SIPA

  • Douze jours après les inondations meurtrières dans l’arrière-pays niçois, les autorités ont dressé un premier bilan.
  • Le travail des enquêteurs se complique pour l’identification des victimes après la destruction de 400 tombes dans deux cimetières.

A mesure que les jours passent dans les vallées ravagées par les inondations, le travail des enquêteurs se complique. « C’est une véritable course contre la montre. Nous avons peut-être encore 48 heures devant nous, au maximum, pour pouvoir faire la distinction entre le corps d’une victime de la tempête et un autre qui pourrait avoir été emporté dans un cimetière », relevait ce mercredi matin le colonel de gendarmerie Nicolas Thiburce.

Le colonel Nicolas Thiburce et le procureur Xavier Bonhomme (à gauche), le 14 octobre 2020, à Nice Le colonel Nicolas Thiburce et le procureur Xavier Bonhomme (à gauche), le 14 octobre 2020, à Nice – F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Responsable du détachement de l’unité d’identification des victimes de catastrophe naturelle, le spécialiste faisait un premier bilan humain de ces intempéries aux conséquences dramatiques, avec le procureur de la République de Nice.

Quatre cents tombes emportées

Cinq corps retrouvés ont été formellement identifiés comme appartenant à des victimes du déluge. « Deux autres posent encore question », indique Xavier Bonhomme. Et treize personnes restent officiellement portées disparues, après de nombreux levés de doute sur d’autres signalements.

La difficulté supplémentaire dans ces investigations, qui mobilisent le magistrat et son adjointe « à temps plein depuis dix jours, » c’est que 400 tombes du vieux cimetière de Saint-Dalmas-de-Tende et de celui de Saint-Martin-Vésubie ont été arrachées par les flots. Et qu’il faut « faire le distinguo ». Une situation totalement « inédite » après un événement vraiment « hors normes », appuie le procureur.

« Déjà au bout de quatre à cinq jours dans un milieu aquatique, il devient très difficile, voire impossible, de déterminer s’il s’agit du corps d’une personne décédée récemment ou s’il est question d’un décès plus ancien », explique encore le gendarme.

Ses équipes peuvent se baser sur les soins éventuellement portés aux corps enterrés, à des bracelets d’identification ou à des numéros de cercueils. Un « laboratoire mobile ADN » de la gendarmerie nationale a été dépêché sur place. « Mais l’ADN n’aime pas du tout l’eau de mer », selon lui, et « en dernier recours, il reste l’odontologie ».

Des corps retrouvés dans trois pays

Ces investigations sont d’autant plus compliquées qu’elles se partagent également entre trois pays. Un de deux corps qui n’a pas pu être encore identifié a été découvert dans les eaux monégasques. Et sept autres, dont on ne sait pas encore s’il s’agit de personnes emportées en France ou en en Italie, ou encore de cadavres issus des cimetières, ont été retrouvés sur la côte Ligure de l’autre côté de la frontière.

Ce mercredi matin, le bilan officiel faisait donc état de cinq morts, dont un pompier. Une victime emportée dans la vallée de la Roya a été retrouvée au large de l’aéroport de Nice. Un couple emporté dans son véhicule a été découvert à Saint-Martin-Vésubie. Et le corps d’un autre homme, habitant de ce village, a été également retrouvé plus bas dans le lit de la Vésubie, au niveau de Lantosque.

Pour certains disparus, la probabilité qu’ils ne soient jamais retrouvés existe. Les familles pourront engager une procédure civile pour prononcer le décès. Mais elle peut parfois prendre plusieurs années.

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