Taxe Gafa: Donald Trump dénonce «la stupidité» d’Emmanuel Macron et menace à nouveau le vin français

Donald Trump et Emmanuel Macron le 6 juin 2019, à Colleville-sur-Mer, en Normandie. — Damien MEYER / AFP

  • Donald Trump s’en est à nouveau pris ce vendredi à la taxe Gafa adoptée ce mois-ci par la France.
  • Dans un tweet, il a déploré « la stupidité » du président Emmanuel Macron sur le sujet et s’est dit prêt à taxer le vin français en représailles.
  • Le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, a répliqué dans la foulée, que la France appliquerait bien « ses décisions nationales » et qu’elle cherchait d’ailleurs à obtenir un accord mondial pour une taxation des géants du numérique.

Unhappy Hour. Donald Trump est de nouveau monté au créneau ce vendredi contre la France et sa taxe sur les géants américains du numérique, en dénonçant « la stupidité » du président Emmanuel Macron et menaçant de rétorsions le vin français, un des produits d’exportation tricolores les plus emblématiques.

« La France vient d’imposer une taxe du numérique à nos grandes entreprises technologiques américaines. Si quelqu’un devait les taxer, cela devrait être leur pays d’origine, les Etats-Unis », a tweeté le président américain. « Nous annoncerons bientôt une action réciproque substantielle après la stupidité de Macron. J’ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français ! » a ajouté l’hôte de la Maison-Blanche, qui ne boit pas d’alcool.

Bruno Le Maire réplique

De l’autre côté de l’Atlantique, la réaction n’a pas tardé : « La France mettra en œuvre ses décisions nationales », a réagi le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

Le Parlement français avait définitivement adopté le 11 juillet l’instauration d’une taxe sur les géants du numérique, faisant de la France un pays pionnier en matière d’imposition des « Gafa » (acronyme désignant Google, Amazon, Facebook et Apple) et autres multinationales accusées d’évasion fiscale.

Des progrès vers une taxe mondiale

L’administration Trump avait annoncé la veille de cette décision qu’elle lançait une enquête pour mesurer les effets d’une telle taxe sur les entreprises américaines. Puis, lors du G7 en France il y a deux semaines, Paris et Washington avaient semblé réduire leur contentieux, les ministres des Finances évoquant alors des progrès vers un accord mondial sur la taxation du numérique.

« La taxation universelle des activités digitales est un défi qui nous concerne tous. Nous souhaitons parvenir à un accord sur ce sujet dans le cadre du G7 et de l’OCDE », a souligné ce vendredi Bruno Le Maire.

L’administration Trump « examine de près tous les autres outils politiques »

Cette décision unilatérale « démontre le peu d’engagement de la France dans les négociations en cours avec l’OCDE », a pourtant jugé ce vendredi depuis Washington un porte-parole de la Maison-Blanche, Judd Deere. « L’administration Trump a toujours affirmé qu’elle ne resterait pas les bras croisés et ne tolérerait aucune discrimination à l’encontre des entreprises américaines », a-t-il mis en garde dans un communiqué.

Le représentant américain au commerce (USTR) a déjà lancé une enquête sur les effets éventuels de cette taxe, a-t-il rappelé. Et, l’administration Trump « examine de près tous les autres outils politiques », a-t-il souligné.

La taxe Gafa, une « très très grosse erreur »

La taxe Gafa crée une imposition des grandes entreprises du secteur non pas sur leur bénéfice, souvent consolidé dans des pays à très faible fiscalité comme l’Irlande, mais sur le chiffre d’affaires, en attendant une harmonisation des règles au niveau de l’OCDE.

Plus tôt, le principal conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, avait qualifié cette taxe de « très, très grosse erreur ». « Nous ne sommes pas contents que la France soit allée de l’avant avec cette sorte d’impôt sur le numérique », avait-il dit sur la chaîne CNBC.

La taxe Gafa impose ces entreprises à hauteur de 3 % du chiffre d’affaires réalisé en France notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes. Cette solution a vocation à n’être que temporaire, dans l’attente d’un aboutissement de négociations internationales.

« La France taxe beaucoup le vin et nous taxons peu le vin français »

En juin, Donald Trump avait déjà laissé entendre qu’il pourrait infliger des taxes douanières supplémentaires au vin français. Mais il invoquait alors ces droits de douane supplémentaires pour corriger une concurrence jugée « déloyale ». «  La France taxe beaucoup le vin et nous taxons peu le vin français », avait alors dénoncé le président américain au cours d’un long entretien sur CNBC.

Le vin français est réputé pour être « très bon », avait aussi commenté l’hôte de la Maison Blanche. Mais les viticulteurs américains se plaignent du fait qu’il entre sur le sol américain « pour rien ». « Ce n’est pas juste, nous allons faire quelque chose pour ça », avait-il alors asséné.

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