Taxe de 2 euros sur petits colis à partir du 1er mars.
A partir de ce dimanche 1er mars, les petits colis d’une valeur inférieure à 150 euros provenant de pays hors Union européenne seront soumis à une nouvelle taxe de 2 euros par « article de marchandise ». En 2025, 97 % des articles dans les petits colis et 89 % des montants importés seront originaires de Chine.
À partir de ce dimanche 1er mars, une nouvelle taxe de 2 euros par « article de marchandise » sera appliquée aux petits colis d’une valeur inférieure à 150 euros provenant de pays hors de l’Union européenne.
Cette mesure vise à augmenter le coût de livraison de ces petits articles, souvent vendus par des plateformes chinoises, dans le but de ralentir la fast-fashion. Elle anticipe l’entrée en vigueur, le 31 décembre 2026, d’une taxe européenne similaire.
### Comment fonctionne-t-elle ?
L’article 82 de la loi de Finances 2026 introduit une « taxe sur les importations de marchandises contenues dans les envois de faible valeur ». Le montant de la taxe est fixé à 2 euros « par article de marchandises, quel que soit le nombre d’unités déclaré de cette marchandise ». Ainsi, que l’on importe 1 ou 100 tee-shirts, la taxe sera la même, car elle dépend des différentes catégories d’articles concernés. En conséquence, la taxe sera de 2 euros par catégorie d’articles.
### Qui va s’acquitter de la taxe ?
Les produits concernés seront soumis à une déclaration en douane simplifiée de type H7, et les plateformes de e-commerce (Temu, AliExpress, Shein) seront responsables de cette taxe. Pour l’instant, il n’est pas précisé comment ces entreprises pourraient répercuter cette charge sur les prix de leurs produits.
Ces plateformes, qui ont gagné en popularité en 2023, opèrent selon le modèle de « l’ultra fast-fashion » ou « direct from factory », comme c’est le cas pour Shein et Temu. En éliminant les intermédiaires et les entrepôts, elles ont inondé le marché de l’Union européenne, entraînant une baisse significative des prix.
### Quel est le but de cette mesure ?
L’objectif est d’encourager les consommateurs à limiter leurs achats impulsifs de produits très bon marché, notamment dans la mode jetable (fast-fashion), et de réguler les importations massives de faible valeur en provenance directe de Chine.
Selon une publication de la statistique publique du commerce extérieur, la dynamique des petits colis est presque exclusivement dominée par la Chine depuis 2023. En 2025, 97 % des articles dans les petits colis et 89 % des montants importés proviendront de Chine. « À l’origine du dispositif, en 2022, ces proportions étaient de 86 % des articles et 70 % des montants importés », indique la publication.
En revanche, les autres pays d’origine représentent une part négligeable et peu évolutive depuis 2022, avec « 6 % des montants importés provenant du Royaume-Uni et 2 % des États-Unis ».
### Qu’en pense la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance ?
La FEVAD « soutient sans ambiguïté l’instauration d’une contribution européenne harmonisée sur les petits colis, afin de rétablir un cadre concurrentiel équitable et de mieux lutter contre l’importation de produits non conformes ». Toutefois, dans un communiqué du 16 décembre 2025, elle a souligné que les plateformes extra-européennes pourraient facilement contourner la taxe en faisant transiter leurs colis par des bases situées en Europe, dont plusieurs, comme celle en Belgique, existent déjà.

