Tarn-et-Garonne : « Xavier, tu es mort à quelle heure ? »… Quand un maire est déclaré décédé par erreur

« Les employés de la mairie m’ont demandé une journée pour résurrection », plaisante aujourd’hui Xavier Predevello. Mais lorsqu’il a découvert qu’il était officiellement décédé, le maire de Saint-Porquier, un village du Tarn-et-Garonne situé entre Montauban et Castelsarrasin, l’édile riait plutôt jaune.

« Le 16 novembre dernier, une habitante de 60 ans est décédée sur la commune. Le lendemain, comme c’est d’usage, nous avons envoyé un certificat à l’Insee et à l’Agence régionale de santé. Le mardi suivant, la secrétaire de mairie m’a appelé pour me dire « Xavier, tu es mort à quelle heure ? » », se souvient l’élu.

Radié aussi de la CPAM

Si l’histoire apparaît tordante au premier abord, Xavier Predevello se rend compte qu’il faut vite enrayer la machine administrative. « On a appelé la préfecture pour ne pas être radié des listes électorales, nous avons envoyé un mail à l’Insee. Dans les soixante-douze heures nous avions réussi à régler l’erreur auprès de l’Insee. Mais, entre-temps, j’ai reçu un courrier m’indiquant que j’avais été radié par la Caisse primaire d’assurance maladie. Et des avis de décès sont parus sur des sites spécialisés », rapporte le principal intéressé.

Et l’info circule vite. C’est comme ça qu’un jour il reçoit un coup de fil d’une connaissance de Castelsarrasin, où il est né. « Cette personne était catastrophée, pratiquement en larmes. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse un démenti. L’un des sites a retiré l’avis, pas l’autre. Ce serait à l’Insee, qui diffuse ces données, alors qu’elles sont confidentielles, de les faire corriger », insiste Xavier Predevello.

Erreurs « rares » sur les 650.000 décès annuels

« Ce ne sont pas des informations confidentielles, elles sont mises en ligne sur le site de l’Insee et c’est là que ces sites viennent chercher les informations », relève de son côté Caroline Jamet, la directrice de l’Insee Occitanie.

Pour cette responsable, les torts seraient partagés. « Ce sont bien les noms et prénoms qui figuraient sur le bulletin que nous avons reçu sous forme dématérialisée. Ceci étant, le sexe coché était féminin et la date de naissance ne correspondait pas. L’Insee aurait pu déceler l’erreur, s’en rendre compte », reconnaît la responsable régionale de l’Institut de statistiques.

Selon elle, ce type de mésaventure est « assez rare » sur les 650.000 décès enregistrés chaque année en France et ne concernerait qu’une « petite centaine de cas ». « Souvent ce sont des homonymies, des gens ayant le même nom, la même date de naissance. L’erreur initiale vient de la commune et on ne l’a pas décelé immédiatement », poursuit Caroline Jamet.

De son côté Xavier Predevello maintient que son nom ne figurait pas sur le formulaire. Avant d’ajouter : « Nous, on s’en est aperçu rapidement, mais quand vous êtes un citoyen lambda, vous pouvez ne vous en rendre compte que lorsque vous allez voter et qu’on vous dit que vous avez été rayé des listes électorales. Il faut éviter que cela se reproduise ».