Tarn-et-Garonne : EDF condamnée pour des rejets radioactifs à la centrale nucléaire de Golfech

La fin d’une « impunité ». C’est ainsi que six associations, qui attaquaient EDF après « un important rejet radioactif » à la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne), ont accueilli la condamnation pour « fautes » civiles de l’exploitant. L’incident remonte à six ans, au 19 octobre 2016 plus exactement. Il avait duré deux minutes et provoqué un rejet radioactif supérieur à la norme.

A l’époque, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) l’avait toutefois classé au niveau zéro sur l’échelle internationale Ines qui en compte sept, considérant qu’il avait eu un « impact négligeable ».

Mais les associations du Réseau Sortir du nucléaire ont quand même mené la bataille judiciaire. Elle a commencé par une relaxe d’EDF par le tribunal de police de Montauban, en 2019 et a même occupé la Cour de cassation. Finalement, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a condamné vendredi l’exploitant à verser 5.000 euros aux six associations plaignantes ainsi que 3.000 euros à chacune pour les frais de justice. « C’est une des plus grosses condamnations d’EDF pour non-respect à la réglementation en matière nucléaire que les associations ont pu avoir au cours de leur histoire », a indiqué à l’AFP leur avocat, Samuel Delalande. Contactée, EDF n’a pour sa part pas souhaité faire de commentaire.

Des associations toujours inquiètes

Dans son communiqué, le Réseau Sortir du nucléaire souligne aussi que « la situation à la centrale nucléaire de Golfech, années après années, continue d’inquiéter ».

En 2020, le directeur de la centrale avait été convoqué par l’ASN en raison de la multiplication des dysfonctionnements relevés sur le site.

L’organisme indépendant révélait alors avoir « constaté des déficiences dans la mise en œuvre des opérations d’exploitation des réacteurs et un manque de rigueur systémique dans l’enregistrement et la traçabilité des activités relatives à la maintenance des installations ».