Syrie : Les Kurdes se retirent de Ras al-Aïn

La ville de Ras al-Aïn vue depuis la frontière turque, le 20 octobre 2019. — Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

Les combattants kurdes ont quitté dimanche la ville syrienne de Ras al-Aïn, assiégée par l’armée turque. Ce retrait devrait accélérer leur départ d’une zone frontalière de la Turquie, condition d’un accord de trêve négocié par les Etats-Unis à Ankara.

Un convoi transportant des blessés, des dépouilles et des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, a quitté dans la journée la zone, selon un correspondant de l’AFP sur place. Plus de 50 véhicules, dont des ambulances, ont quitté Ras al-Aïn, a-t-il constaté, affirmant avoir ensuite vu des flammes s’élever de l’hôpital. Les FDS et la Turquie ont confirmé le retrait total des combattants kurdes de la ville.

Mise en place d’une « zone de sécurité »

Annoncé jeudi, cet accord prévoit la suspension pour 120 heures de l’offensive lancée le 9 octobre par la Turquie pour permettre un retrait des combattants kurdes de zones frontalières du nord syrien.

Outre ce retrait, l’accord prévoit la mise en place d’une « zone de sécurité » de 32 kilomètres de profondeur pour séparer la Turquie des territoires tenus par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Les Kurdes ont accepté de se retirer de secteurs conquis par les forces turques entre les villes de Tal Abyad et Ras al-Aïn, distantes de 120 kilomètres. Mais le président turc Recep Tayyip Erdogan a régulièrement évoqué une longueur d’environ 450 kilomètres.

Le convoi est arrivé à Tal Tamr, plus au sud, où des habitants les ont accueillis par des youyous et slogans de soutien aux FDS, selon un correspondant de l’AFP. Samira, 45 ans, attendait le convoi. « Je n’arrive pas à croire que Sari Kani est tombée », a-t-elle dit, utilisant le nom kurde de Ras al-Aïn. « Nous saluons nos combattants qui nous ont défendus, même si les grandes puissances ont trahi notre peuple. »

Pour Trump, « le cessez-le-feu tient très bien »

Erdogan a réitéré que l’offensive reprendrait si les forces kurdes ne se retiraient pas totalement de secteurs frontaliers et a affirmé que la Turquie « assurerait la protection de la zone de sécurité » qu’il souhaite établir. Il a aussi exhorté les Etats-Unis à « tenir leurs promesses ».

Le président américain Donald Trump a affirmé que « le cessez-le-feu tient très bien », dans un tweet citant son ministre de la Défense, Mark Esper. « Il y a eu des accrochages mineurs (…) Les Kurdes se réinstallent dans de nouvelles zones », selon M. Esper.

Les autorités kurdes syriennes ont exprimé leur « perplexité » face à la déclaration de Trump sur la trêve. « La Turquie et ses mercenaires n’ont absolument pas respecté et ont à plusieurs reprises violé » la trêve, ont-elles déclaré dans un communiqué.

La trêve est ponctuée de combats et bombardements sporadiques dans l’ouest et le nord-ouest de Ras al-Aïn, d’après l’OSDH. Depuis jeudi, les forces kurdes et Ankara s’accusent mutuellement de la violer.

L’offensive turque a été lancée après un retrait le 7 octobre des soldats américains de secteurs frontaliers.

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