Syrie: Damas conclut un accord avec les Kurdes et envoie des troupes dans le Nord face à l’offensive turque

Des soldats soutenus par l’armée turque à Tal Abyad, en Syrie, le 13 octobre 2019. — Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

Les Kurdes syriens ont annoncé dimanche soir avoir conclu un accord avec Damas pour le déploiement de l’armée syrienne près de la frontière turque, au cinquième jour de l’offensive d’Ankara contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.

« Afin de faire face à l’agression turque et empêcher qu’elle ne se poursuive, nous sommes parvenus à un accord avec le gouvernement syrien pour que l’armée se déploie le long de la frontière turco-syrienne dans le but de soutenir les Forces démocratiques syriennes », a annoncé dans un communiqué l’administration kurde.

L’armée syrienne va envoyer des troupes dans le nord du pays pour « affronter l’agression » de la Turquie, qui y mène depuis cinq jours une offensive contre une milice kurde, a annoncé dimanche l’agence de presse étatique Sana. L’agence ne donne pas plus de détails sur la mobilisation de l’armée syrienne qui, par le passé, s’était déployée dans certains secteurs kurdes pour éviter une offensive turque.

Un déploiement similaire en 2018

« Toutes les options sont étudiées face à l’offensive de la Turquie, le gouvernement (de Damas) doit prendre ses responsabilités pour affronter l’agression », a précisé le responsable. Depuis mercredi la Turquie et des supplétifs syriens mènent dans le nord de la Syrie une offensive pour éloigner de la frontière la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG).

Fin 2018, alors qu’Ankara avait déjà menacé de lancer une opération contre les forces kurdes en Syrie, les YPG avaient appelé l’armée à se déployer dans les environs de la ville de Minbej (nord), en annonçant leur propre retrait du secteur. L’armée s’était effectivement déployée aux environs de la ville, sans toutefois y entrer.

Longtemps marginalisés et victimes de discriminations de la part des autorités centrales de Damas, les Kurdes ont instauré une autonomie de facto dans le nord du pays, à la faveur du conflit déclenché en 2011. Damas refuse cette autonomie et, par le passé, le pouvoir est même allé jusqu’à qualifier de « traîtres » les combattants de la minorité pour leur alliance avec Washington dans le cadre de la lutte antijihadiste.

Craignant une offensive turque, les Kurdes avaient déjà amorcé l’an dernier des pourparlers avec Damas sur l’avenir de leurs régions, mais ces négociations sont restées sans suite.

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