France

Suicide de Camélia : une plainte pour harcèlement scolaire sans suite

La plainte pour harcèlement scolaire déposée par les parents de Camélia à la suite de son suicide restera sans suite. Le procureur de Meaux a annoncé que « il ne ressort pas d’éléments susceptibles de justifier d’une telle responsabilité pénale » concernant les personnels de l’Éducation nationale.


La plainte pour harcèlement scolaire déposée par les parents de Camélia suite à son suicide ne donnerait pas lieu à des poursuites. En effet, le procureur de Meaux (Seine-et-Marne) a déclaré, lundi, qu’il n’existait pas d’éléments suffisants pour « rechercher la responsabilité pénale de quiconque » dans ce décès.

« Au terme des investigations, je suis amené à considérer qu’il n’existe pas d’élément suffisant pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque dans la survenance du décès de Camélia », a indiqué Jean-Baptiste Bladier.

Camélia, élève de terminale âgée de 17 ans, a mis fin à ses jours dans une gare de Mitry-Mory le 13 janvier. Deux enquêtes judiciaires, dont l’une pour « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider », ont été ouvertes le lendemain, en plus d’une enquête administrative.

**Une soixantaine de personnes auditionnées**

Dans une interview accordée au quotidien *Le Parisien* le mois dernier, un oncle de la victime avait critiqué le comportement du proviseur lors d’une rencontre avec l’adolescente quelques heures avant le drame.

Plus de soixante personnes ont été entendues au cours de 19 jours d’enquête dirigée par 12 enquêteurs. « En ce qui concerne la question de la responsabilité des personnels de l’Éducation nationale », a précisé lundi Jean-Baptiste Bladier, « il ne ressort pas d’éléments susceptibles de justifier d’une telle responsabilité pénale. »

Le représentant du ministère public a ajouté qu’au-delà des témoignages, « l’exploitation des données issues des relations téléphoniques et numériques entre les protagonistes ne permettait pas davantage d’étayer l’existence d’un harcèlement. »

**Une décision acceptée par les parents**

Le procureur a informé la presse que la jeune femme qui s’est suicidée quelques jours avant son 18e anniversaire « avait réalisé une fausse conversation sur l’application Snapchat en empruntant les identités de trois de ses camarades, un garçon et deux filles, et en simulant entre eux une conversation. »

Camélia a ensuite partagé avec des camarades du lycée des captures d’écran de cette fausse conversation « dans le but de faire le tri entre ses vrais et ses faux amis », a rapporté Jean-Baptiste Bladier. Cela a conduit à « une période de tension » entre la jeune victime et certains élèves de sa classe, a expliqué le procureur.

Avant la conférence de presse de lundi midi, il a annoncé sa décision de classement sans suite aux parents de Camélia, dont il a salué « la qualité d’écoute » et « le très grand calme », ayant « su accueillir [sa] décision avec un grand calme. »