France

Stratégie nationale de l’alimentation : les éléments clés à retenir.

Le gouvernement a publié sa Stratégie nationale pour l’alimentation (SNANC), la nutrition et le climat, qui a pour objectif de tracer la feuille de route alimentaire des Français jusqu’en 2030. Actuellement, la consommation de produits bio représente 5,4 % de la valeur des paniers des consommateurs, tandis que la Stratégie alimentaire pour 2030 vise à atteindre 12 % de consommation en valeur pour les produits bio.


Elle s’est fait attendre et vient d’être rendue publique. Le gouvernement a dévoilé sa Stratégie nationale pour l’alimentation (SNANC), la nutrition et le climat, conçue pour tracer la feuille de route alimentaire des Français jusqu’en 2030.

L’alimentation a des impacts sociaux, environnementaux et sanitaires, pesant pour 25 % des émissions de carbone en France, un pays où 17 % des habitants sont en surpoids et 16 % souffrent de précarité alimentaire. Le document, structuré autour de 4 axes et 20 objectifs, propose une liste de recommandations et d’actions.

L’appel du gouvernement à « limiter la consommation de viande » a déjà été évoqué ici. Rappelons que les légumineuses constituent une source de protéines alternatives à la viande.

## Le Nutri-Score étendu et un nouvel indice de performance environnementale

Le Nutri-Score, que l’on retrouve sur les emballages des produits de supermarché, les notant de A à E, sera expérimenté dans le cadre de « modalités d’une extension de l’usage volontaire du Nutri-Score aux denrées non pré-emballées et à la restauration hors foyer ». Cette phase expérimentale est prévue pour durer trois ans.

Parallèlement à cette initiative, un nouvel étiquetage, l’affichage environnemental, sera introduit. Selon la stratégie, « après une phase concertée de développement », cet affichage devrait permettre de visualiser l’impact climatique de nos achats alimentaires. Cependant, pour l’instant, aucun caractère obligatoire n’est annoncé, le document faisant référence à un « affichage environnemental volontaire ».

## La transparence obligatoire, à l’horizon 2030

Une proposition qui pourrait devenir contraignante sera intégrée dans la loi d’ici 2030. Celle-ci vise à rendre obligatoire « la transparence des pourcentages d’achats de produits « durables et de qualité » tels que définis dans la loi EGAlim dans les achats annuels des distributeurs et de la restauration commerciale ».

Actuellement, la loi EGAlim impose aux cantines d’utiliser 50 % de produits de qualité et durables (labélisés et/ou locaux), dont 20 % de produits issus de l’agriculture biologique, mais aucune obligation n’existe pour la restauration commerciale. Bien que cette proposition ne fixe pas de pourcentage minimum, les autorités comptent sur l’obligation d’affichage pour avoir un effet incitatif.

## Protéger les enfants du marketing agressif

Le document souligne que « une évolution des modes de consommation implique une prise en compte de la publicité et de son impact sur les comportements des consommateurs. Il apparaît donc indispensable de limiter les incitations à la consommation de produits non vertueux pour l’environnement et la santé ». L’objectif est de s’attaquer aux produits trop riches en graisses, en sucre, ou en sel, souvent mis en avant par les publicitaires.

Dans un premier temps, les autorités envisagent de « réduire efficacement l’exposition des enfants et des adolescents aux publicités et parrainages pour des produits trop gras, sucrés, salés sur les différents médias (traditionnels et numériques), notamment par la mise en œuvre de la Charte alimentaire 2025-2029 ». Dans ce contexte, les annonceurs seront « incités à apposer le Nutri-Score et l’affichage environnemental » dans leurs communications.

Aucune contrainte n’est prévue à ce jour. Toutefois, si les industriels ne collaborent pas et « en cas d’insuffisance des dispositions volontaires, une mesure réglementaire d’encadrement du marketing alimentaire dans les médias sera envisagée », avertit la SNANC.

## En vrac : EHPAD, prison, bio et anti-gaspillage

Jusqu’à présent, seules la restauration scolaire était soumise à des règles nutritionnelles strictes. La nouvelle Stratégie alimentaire vise à « encadrer réglementairement pour la première fois la qualité nutritionnelle des repas servis en crèches, EHPAD et établissements pénitentiaires ».

De plus, la Stratégie alimentaire pour 2030 a pour objectif que le bio alimentaire atteigne 12 % de la consommation en valeur, alors qu’il représente actuellement 5,4 % de la valeur des paniers des consommateurs.

Un autre enjeu est la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui représente 18 % de la production alimentaire nationale. À cet égard, les autorités souhaitent « renforcer le dispositif de contrôle du cadre législatif applicable à la lutte contre le gaspillage alimentaire par la mise en place de contrôles coordonnés chez les différents opérateurs concernés ». Cela devrait se traduire par une multiplication des contrôles et des sanctions fondées sur la « loi anti-gaspillage » de 2016.