Strasbourg : Les transports en commun peuvent-ils être gratuits ?

Le nouveau billet de la CTS rechargeable et sans contact. Strasbourg le 18 avril 2018. — G. Varela / 20 Minutes

  • Un groupe de travail constitué d’élus, de membres du Conseil de développement, a travaillé sur la gratuité des transports en commun dans l’agglomération strasbourgeoise.
  • Le groupe a présenté ses conclusions et une première mesure sera mise en délibération lors du prochain conseil de novembre.
  • Le groupe de travail préconise une « gratuité partielle et ciblée ».

Et voici revenue l’idée de la gratuité des transports en commun dans l’eurométropole de Strasbourg… A l’initiative  d’un collectif citoyen, une demande relayée et fortement appuyée par  Antoine Splet, élu de l’eurométropole, la question a fait l’objet d’une attention toute particulière et incité Robert Herrmann, président de l’eurométropole, à mettre en place un groupe de travail. Ce groupe a réuni le Conseil de développement, des élus de différentes tendances politiques, piloté par la vice-présidente en charge des questions environnementales, Christel Kohler.

Autant le dire tout de suite, la gratuité totale, tous les jours et sur tout le réseau, a été écartée par le groupe de travail. Si le cas d’autres agglomérations, ou de villes notamment Dunkerque, où ce dispositif mis en place, a bien été cité en exemple, il apparaît que cela n’est pas réalisable sur le réseau strasbourgeois. Si l’idée peut séduire, elle serait trop chère et n’aurait pas forcément l’impact sociétal, économique et environnemental souhaité, selon le groupe de travail. En revanche, d’autres préconisations ont été faites et une première mesure devrait même être adoptée dès le prochain conseil de novembre, à savoir la gratuité des transports en commun lors des pics de pollution.

Une gratuité hors budget

Les recettes, c’est-à-dire la vente de billets et abonnements, représentent 47 % du budget d’exploitation de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Ce taux descend même à 30 % si l’on tient compte des investissements. Perdre cette recette reviendrait à trouver 50 millions d’euros, voire 70 millions si l’on compte les investissements nécessaires. Or, la gratuité demanderait plus d’investissements au vu la hausse de fréquentation attendue. Autre source de financement, le versement « transport » des entreprises. Celui-ci est fixé au taux maximum à Strasbourg et les entreprises ne pourraient donc, compte tenu de la législation actuelle, supporter seules le coût de la gratuité. Quant à faire payer les contribuables…

Mais plus que la gratuité des transports, des études montreraient, selon le groupe de travail, que les usagers seraient plus sensible à la qualité, notamment la fréquence, l’amplitude des horaires, la sécurité. Côté environnemental, l’impact de la gratuité sur le report modal, c’est-à-dire le nombre d’automobilistes qui abandonneraient leur voiture au profit des transports en commun, serait faible, autour de 2 %…

Aussi, le groupe de travail plaide pour une « gratuité partielle et ciblée ». Dès le premier jour du déclenchement du Plan d’actions renforcées contre la pollution de l’air, les transports devraient être gratuits. Cela sera mis en délibération lors du prochain conseil. Plus difficilement applicable, les réflexions portent sur les sorties scolaires pour les maternelles et les écoles primaires, mais aussi par tranche d’âge, pour les moins de 12 ans, les moins de 16 ans, voire tous les mineurs, ceci afin « d’enclencher de nouveaux réflexes citoyens ». Enfin, dernière préconisation, la refonte de la tarification solidaire et la grille des tarifs qui devrait être simplifiée. Toutes ces pistes de travail feront l’objet d’ajustements et d’affinement des coûts.

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