Strasbourg : L’école qui remplacera l’ENA restera dans la capitale alsacienne, une « chance » pour la ville

L’ENA, dans les locaux de l’ancienne Commanderie Saint-Jean, à Strasbourg — PATRICK HERTZOG / AFP
  • L’Ecole nationale d’administration (ENA) va être remplacée par l’Institut du service public mais restera à Strasbourg, a annoncé Emmanuel Macron ce jeudi.
  • Une bonne nouvelle pour la ville. « L’Institut du service public qui remplacera l’ENA a toute sa place à Strasbourg. Sa présence dans la ville permet de garantir aux fonctionnaires une formation ancrée dans les territoires et au cœur de l’Europe », a réagi la maire Jeanne Barseghian.
  • De gauche à droite du spectre politique, les élus strasbourgeois saluent l’importance du maintien de l’école des hauts fonctionnaires dans la capitale alsacienne.

Le lieu est méconnu à Strasbourg. A deux pas du très touristique quartier de la Petite France, l’Ecole nationale d’administration (ENA) n’attire que peu les regards. Les grands murs de la Commanderie Saint-Jean, qui accueille la prestigieuse institution depuis 1991, y sont pour beaucoup.

C’est certainement dans cette ancienne prison que le futur Institut du service public devrait voir le jour. Emmanuel Macron ne l’a pas indiqué ce jeudi après avoir annoncé la suppression de l’ENA et donc sa remplaçante. Mais une chose est sûre, les futurs hauts fonctionnaires viendront toujours suivre leur formation dans la capitale alsacienne.

Une bonne nouvelle pour la ville, qui n’a pas vu un eurodéputé depuis plus d’un an et dont le rayonnement européen souffre actuellement. « L’Institut du service public qui remplacera l’ENA a toute sa place à Strasbourg. Sa présence dans la ville permet de garantir aux fonctionnaires une formation ancrée dans les territoires et au cœur de l’Europe. Les liens entre Strasbourg et le parcours de formation des hauts fonctionnaires se tissent tant sur le plan de l’excellence universitaire qu’en raison de la qualité de vie dans notre ville », a réagi la maire écologiste Jeanne Barseghian.

De l’autre côté de la frontière, une école d’administration publique à Kehl

Ce maintien des structures, certains l’appelaient de leurs vœux. Le groupe municipal Les Républicains avait envoyé en ce sens, dans la journée, une lettre au président de la République. « Le fait qu’une telle école soit située à Strasbourg est une véritable chance tant pour notre ville que pour les étudiants qui suivent ce cursus », écrivent Jean-Philippe Vetter et les siens.

Un avis partagé par l’ex-candidat LREM Alain Fontanel, aussi ancien premier adjoint et… énarque. « Il y a une cohérence à rester ici avec des équipes déjà en place et dans la logique de maintenir un pôle de formation, notamment avec l’Institut des études territoriales [Inet, situé dans le quartier Danube] », explique-t-il à 20 Minutes

« J’avais soutenu le projet d’implantation à Strasbourg porté par Edith Cresson pour deux raisons, se souvient l’ancienne maire Catherine Trautmann. D’abord car ça permettrait aux élites d’avoir un autre point de vue que celui depuis Paris et de s’intéresser aux collectivités territoriales. Ensuite pour faire de la ville un pôle d’administration publique européen. Je rappelle justement qu’il y a maintenant une école d’administration publique à Kehl, juste de l’autre côté de la frontière. »

« Un des éléments de rayonnement de Strasbourg »

Pour tous, l’ENA, ou sa remplaçante, contribue bien à l’attractivité de la capitale alsacienne. « Elle compte beaucoup », confirme Alain Fontanel. « Les étudiants qui y viennent apprennent à connaître la ville et en deviennent en quelque sorte ses ambassadeurs ensuite, aussi bien en France qu’à l’étranger. Cela peut aussi favoriser l’implantation d’entreprises et participer à une dynamique. L’ENA est un des éléments de rayonnement de Strasbourg. »

« Il est important pour une ville d’accueillir des cadres. J’ajoute que de nombreux élèves de l’école effectuent leur stage dans le coin, appuie Catherine Trautmann en se souvenant encore des premières heures de la prestigieuse institution sur les bords de l’Ill. Les premiers élèves arrivés m’avaient dit qu’on les avait déportés à Strasbourg, ça m’avait marquée, sourit-elle. Mais beaucoup ont depuis goûté à cette ville qui est une autre capitale parlementaire. »

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