Strasbourg : Le « gilet jaune » qui avait dégradé le local du candidat LREM Alain Fontanel condamné à quatre mois de prison avec sursis

Les soutiens d’Alain Fontanel retirent les autocollants déposés par les manifestants sur son local de campagne le 11 janvier. — Nils Wilcke

  • Un « gilet jaune » a été condamné ce mardi à quatre mois de prison avec sursis pour avoir dégradé une vitre du local de campagne du candidat LREM à Strasbourg.
  • A la barre, cet informaticien d’une trentaine d’années, sans antécédents judiciaires, reconnaît frappé contre la vitre lors de la manifestation mais dément avoir porté le coup qui l’a endommagée.
  • Son avocate, qui plaidait pour requalifier le délit en simple contravention n’a pas été entendue. Le tribunal a aussi condamné le manifestant à un mois de prison avec sursis pour avoir refusé de se soumettre à un test ADN.

Un « gilet jaune » a été condamné ce mardi à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour avoir dégradé le local de campagne du candidat LREM aux  municipales.

Le QG de campagne d’Alain Fontanel, situé quai des Bateliers, baptisé la « Fabrique de la ville heureuse », est devenue la cible privilégiée des manifestants contre la réforme des retraites. Ces derniers ont pris l’habitude de recouvrir les vitres du local d’autocollants et de partager les photos prises à cette occasion sur les réseaux sociaux, la presse locale s’en faisant l’écho au fil des semaines. Une mauvaise publicité qui a suscité l’agacement des soutiens du candidat. 

Une vitre étoilée

Un palier supplémentaire avait été franchi lorsque la vitre du local a été étoilée lors de la manifestation du samedi 11 janvier. Le candidat avait porté plainte dans la foulée.

La police avait interpellé en fin de manifestation et placé en garde à vue un homme qu’elle soupçonnait d’être l’auteur des faits. Déféré le 13 janvier pour le chef de « dégradation volontaire de biens privés », ce manifestant était convoqué en justice ce mardi. Il est arrivé au tribunal accompagné de soutiens, militants et syndicalistes.

« Je voulais interpeller les gens à l’intérieur du local »

A la barre, cet informaticien d’une trentaine d’années, sans antécédents judiciaires, a reconnu avoir frappé contre la vitre lors de la manifestation, mais dément avoir porté le coup qui l’a endommagée. « Je voulais seulement interpeller les gens qui étaient dans le local », a-t-il déclaré au tribunal. Pourquoi avoir frappé la vitre ? « Coller des autocollants comme le font les autres manifestants, ça m’a semblé tellement dérisoire face à ce qui se passe dans notre pays », a précisé le prévenu.

La vice-procureure Anne-Sophie Lachkar a rappellé qu’un individu vêtu d’une capuche et d’un manteau noir avec une barbe rousse a été identifié comme étant le prévenu sur les images de la vidéosurveillance et qu’un roulement à billes a été trouvé par les policiers dans sa poche lors de son interpellation. Elle a réclamé des peines de prison avec sursis, six mois de prison pour les dégradations et trois mois pour le refus de se soumettre à un test ADN.

Son avocate, Me Sendegül Arras, a plaidé pour requalifier le délit en simple contravention. « En l’espèce, l’intentionnalité n’est pas démontrée », a-t-elle assuré au tribunal. Lequel n’a pas suivi son raisonnement… et a en outre condamné le manifestant à un mois supplémentaire de prison avec sursis pour avoir refusé de se soumettre à un test ADN.

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