Strasbourg : La famille du patient décédé aux urgences va porter plainte

Que s’est-il passé dans la nuit du 31 août au 1er septembre aux urgences de l’hôpital civil de Strasbourg ? La semaine dernière, Force ouvrière avait dénoncé le décès d’un octogénaire ce jour-là, après avoir, selon le syndicat, passé vingt heures sur un brancard.

Les proches de la victime va déposer plainte, a indiqué mercredi leur avocat. « La famille va déposer plainte, soit en se joignant à l’action du parquet » de Strasbourg s’il a déjà ouvert une enquête, soit, si ça n’est pas le cas, en enclenchant les démarches nécessaires « pour que l’action pénale soit engagée et qu’une enquête » pour « homicide involontaire contre X […] soit diligentée pour faire toute la lumière sur les circonstances » du décès, a déclaré Me Matthieu Airoldi.

Sollicitée en fin de matinée, la procureure de la République de Strasbourg, Yolande Renzi, n’avait pas encore répondu.

La veuve et les deux filles de la victime estiment que, « à tout le moins, il y a de grosses questions à se poser sur le traitement dont [le patient] a bénéficié ou dont il n’a pas bénéficié aux urgences » des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), a-t-il poursuivi. « Nous tenons à ce que la lumière soit faite », a-t-il insisté, ajoutant que ses clientes voulaient garder l’anonymat et ne souhaitaient plus communiquer par la suite.

« Une énième situation de blocage et surcharge des urgences » selon FO

Le syndicat FO avait aussi écrit au ministre de la Santé, François Braun, pour dénoncer « le fonctionnement délétère des urgences » aux HUS, où un précédent patient était décédé en mars après avoir attendu une douzaine d’heures avant d’être pris en charge. Le décès survenu en septembre est intervenu « 36 heures après le dépôt d’un droit d’alerte » par FO « dénonçant une énième situation de blocage et surcharge des urgences » du Nouvel Hôpital Civil (NHC) de Strasbourg, selon la missive envoyée à M. Braun.

Selon Me Airoldi, « nous avons eu une transmission très, très parcellaire du dossier » du patient mais qui indique « des trous et une période d’a minima trois heures » durant laquelle il « a été laissé sans surveillance et sans soins alors qu’il était extrêmement agité aux urgences ». « C’était un patient suivi par le service de néphrologie et d’urologie » de l’hôpital, alors « pourquoi n’a-t-il pas été transféré plutôt dans ces services, qui le connaissaient et qui auraient pu le prendre en main ? », s’interroge encore le conseil.

L’avocat, qui ignore la cause du décès, n’a pas non plus indiqué pourquoi le retraité avait été admis aux urgences.