Strasbourg : Enquête ouverte sur un clip de rap anti-flic et qui incite aux violences urbaines

Des CRS délimitent un périmètre de sécurité autour de véhicules incendiés dans la nuit de la Saint-Sylvestre dans le quartier de l’Elsau à Strasbourg (archives). — THOMAS WIRTH / AFP

  • Le clip Fuck le 17 du rappeur strasbourgeois 911 utilise des images de violences urbaines, avec de nombreuses voitures dégradées, retournées, incendiées aux cocktails Molotov.
  • Le parquet de Strasbourg a ouvert une enquête pour « incitation à la violence et à commettre des dégradations ». Certains de ses propos pourraient aussi faire l’objet de poursuites.
  • Les syndicats de police s’indignent. Ils vont « saisir très rapidement le ministre de l’Intérieur » de cette affaire.

Des voitures dégradées, retournées, incendiées aux cocktails Molotov. Mais aussi un individu qui tire en l’air avec une arme, un véhicule de police en flammes, des pompiers en pleine intervention ou encore des jets de fusées… Mis en ligne le 8 janvier, le clip Fuck le 17 du rappeur strasbourgeois 911 amasse les images de violences urbaines. Certaines viennent du quartier du Neuhof et pourraient faire écho aux événements du dernier Nouvel An à Strasbourg. Cette nuit-là, au moins 220 véhicules avaient été brûlés.

C’est peut-être cela qui a poussé la justice à s’intéresser à ce clip, qui avait été vu près de 22.000 fois ce lundi midi. Une enquête, confiée à la sûreté départementale du Bas-Rhin, « est en cours pour savoir dans quelles conditions ce clip a été réalisé », a indiqué une source policière à l’AFP. L’infraction retenue à ce stade est : « provocation non suivie d’effet au crime ou délit par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique », indique le parquet à 20 Minutes.

Des paroles qui tombent sous le coup de la justice ?

Des passages du morceau pourraient aussi être mis en cause et valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende au rappeur. 911 clame notamment « remplis l’bidon d’essence, t’inquiètes ce soir on fait l’affaire », « retire ta caisse parce que ce soir on crame chez pas laquelle » ou « on fait la guerre jusqu’à Paris ».

Sans parler de ceux qui visent les forces de l’ordre. Comme quand le rappeur répète deux fois « On fait cavaler les porcs »… Et simplement dans le titre puisque Fuck le 17, fait référence au numéro d’appel d’urgence de la police et de la gendarmerie.

Un autre clip de rap appelé « Fuck le 17 » a fait polémique en novembre

« C’est inadmissible, ça mène à la haine et à la banalisation des actes anti-flic », réagit le secrétaire général adjoint du syndicat Alliance, Olivier Hourcau. « On ne va pas continuer longtemps à insulter la police nationale. Maintenant, ça suffit, il y a déjà assez de morts dans nos rangs. On voit encore ce qu’il s’est passé ce week-end à Lyon », appuie de son côté Yves Milla, d’Unsa Police Grand Est.

Les deux le promettent : ils vont « saisir très rapidement le ministre de l’Intérieur » de cette affaire. « Il serait temps que des poursuites soient engagées systématiquement quand des propos comme ça sont tenus », insiste Yves Milla en faisant référence à d’autres clips de rap du même genre. Début novembre, le groupe 13 Block avait par exemple suscité un tollé avec son titre… Fuck le 17.

Le rappeur change de message

Qu’en dit 911 ? Le Strasbourgeois n’a pas répondu aux sollicitations de 20 Minutes depuis dimanche. Mais il a changé le message posté sous sa vidéo YouTube. Ce n’est plus « Ce clip est un message de prévention, ne pas reproduire » mais « Se n’est que dès images aucune incitation ! ne pas reproduire ».

Dans un communiqué, la candidate Rassemblement National à la mairie de Strasbourg, Hombeline du Parc, a demandé la suppression du clip.

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