Strasbourg : C’est quoi cet « escape game culinaire » pour favoriser l’insertion sociale et professionnelle ?

Une bibliothèque qui s’ouvre soudainement et laisse apparaître une chambre, un piano avec une touche magique synonyme de trappe… A chaque escape game ses surprises, parfois impressionnantes. Celui de l’association Stamtish, à Strasbourg, n’échappe pas à la règle. Avec une particularité : les découvertes sont ici d’ordre culinaire.

« Au lieu de débloquer une pièce, on débloque soit l’entrée, soit le plat, soit le dessert », résume Laura Suffissais, la coordinatrice d’un projet né en 2021. Pas simplement pour le plaisir du jeu. L’association y voit là un moyen de répondre à sa mission principale : « l’insertion professionnelle et sociale des personnes émigrées vers le milieu de la restauration ».

A chaque session, qui peut accueillir jusqu’à quatre tables de dix personnes, un cuisinier étranger va ainsi être mis à contribution. « On a eu le cas avec Nadia, qui est d’origine marocaine et a pu se mettre en situation et proposer ses spécialités. Mais ça peut aussi marcher avec Patricia, qui vient de République démocratique du Congo et n’ose pas se lancer hors de sa famille. L’escape game va servir de tremplin et lui montrer qu’elle peut avoir confiance en elle en gérant jusqu’à 40 personnes », détaille l’animatrice, ravi aussi de pouvoir échanger avec les participants.

Douze mille euros recherchés

Ceux-ci, qui règlent le tarif qu’ils souhaitent, sont amenés à découvrir « l’ingrédient secret qu’a rapporté le cuisinier ou la cuisinière dans sa valise ». Tout un parcours d’environ 2h30 qui leur permet notamment de découvrir des chiffres sur l’immigration ou plus globalement de s’ouvrir à la diversité culturelle. « A la fin, on a souvent des discussions et les gens apprennent des choses. L’escape game nous permet vraiment de toucher un nouveau public », résume Laura Suffissais, qui aimerait maintenant que de prochaines sessions soient organisées.

Jusqu’alors financé par des subventions, notamment de la mairie, le jeu pourrait s’arrêter. L’association a lancé un appel au financement participatif afin qu’il se poursuive. « Car on doit racheter la propriété intellectuelle du scénario à une entreprise lyonnaise », détaille encore la coordinatrice en espérant aussi développer d’autres escapes games avec l’argent récolté. « Il nous faut au moins 75 % de l’objectif… » Soit a minima environ 12.000 euros sur les 15.000 escomptés. Jusque-là, près de 6.500 euros ont été récoltés.