Stéphane Rotenberg, la star discrète de M6

Stéphane Rotenberg sur le lieu de tournage de «The Bridge», en Patagonie (Argentine). — Guillaume MIRAND/M6

  • Stéphane Rotenberg est l’une des figures phares de M6.
  • Ce jeudi, les téléspectateurs le retrouveront dès 21h, dans le deuxième épisode du jeu d’aventure « The Bridge ».
  • L’animateur, qui a commencé sa carrière par la case journalisme au début des années 1990, se démarque par sa sobriété et sa discrétion.

Il est aussi discret qu’il est exposé à l’antenne. C’est-à-dire très. Au cours de l’année écoulée, Stéphane Rotenberg a animé Top Chef, Wild, la course de survie, Pékin Express et Les Rois de la foire, à chaque fois en première partie de soirée. Ce jeudi, à 21 heures, c’est aux commandes du deuxième numéro du jeu d’aventures The Bridge que le quinquagénaire – il a fêté ses 51 ans en septembre – apparaît sur M6.

« On ne m’enferme pas dans un univers, déclarait-il en octobre lors de la présentation de l’émission à la presse. J’ai fait de la variété, du divertissement, et même les championnats de France du SMS… J’ai cette chance que M6 accepte de me confier plusieurs formats, car certaines chaînes considèrent qu’un animateur, c’est un format, et le reste du temps, il est payé à attendre. »

Malgré ses multiples apparitions au fil des mois, il n’est pas forcément celui qui vient spontanément en tête lorsqu’il s’agit d’évoquer les stars de la sixième chaîne, contrairement à des Karine Le Marchand, Cristina Cordula ou Stéphane Plaza. Au dernier classement des animateurs préférés des Français réalisé par nos confrères de TV Magazine, il n’émarge qu’à la 47e position, entre Thierry Ardisson et Elodie Gossuin. Une place qui reflète sans doute moins une indifférence des téléspectateurs à son égard, qu’à son style sobre et tout en retenue.

« C’est vrai que je suis un peu dans mon monde »

« A l’antenne, j’essaie d’être le plus possible sans filtre, mais je me lisse un peu parce que je suis beaucoup au service de mes émissions et pas à mon propre service », confiait-il au Monde en janvier 2016. S’il y a un animateur qui ne tire jamais la couverture à lui, c’est bien Stéphane Rotenberg. C’est peut-être ce qui explique sa longévité dans ce territoire concurrentiel, pour ne pas dire terrain miné, qu’est le petit écran français. A un confrère qui l’interroge à ce sujet, il répond : « C’est vrai que je suis un peu dans mon monde.» Une manière de signifier qu’il trace sa route sans rencontrer trop d’obstacles.

Son acte télévisuel le plus subversif remonte sans doute au soir où, il y a trois ans, invité de Touche pas à mon poste sur C8, il a glissé des nouilles dans le slip de Matthieu Delormeau. La séquence a défrayé la chronique mais, dans l’histoire, la mémoire collective a complètement zappé l’auteur du geste. Peut-être parce que cela ne cadre pas avec l’image sage et consensuelle qu’il inspire.

A l’en croire, il est bien plus piquant qu’on ne le pense. « Dans ma vie privée, je suis même politiquement incorrect, certaines positions choqueraient», affirmait-il encore dans les colonnes du Monde. Sans donner d’exemples des provocations qu’il se permettrait auprès de ses proches. 

« Je n’ai plus de culpabilité, je l’ai eue longtemps »

Sa vie privée demeure un jardin secret bien gardé. Il n’a cependant aucune réticence à parler de sa fille, Emma. Son « héroïne » qui l’« étonne chaque jour davantage », comme il l’a expliqué à Télé Star l’an passé. Aujourd’hui, la jeune femme de 20 ans s’est installée à Milan (Italie) et travaille dans la mode. Elle a sa vie d’adulte et son père est serein. « Je n’ai plus de culpabilité, je l’ai eue longtemps. J’essayais de compenser mes absences par une surprésence quand j’étais là », glisse Stéphane Rotenberg qui, depuis plusieurs années, part en vadrouille une centaine de jours par an pour les besoins des tournages.

En l’espace de douze mois, il prend « quarante fois l’avion », mais ne souffre plus tant que ça du mal du pays. «  C’est un petit peu comme les marins : on est content quand on rentre mais, assez vite, on a envie de repartir, sourit-il. Quand j’étais reporter, je ressentais la même chose. »

« C’est fou comme c’est dur d’écrire »

Beaucoup l’ignorent, mais l’animateur à succès a commencé sa carrière par le journalisme. Dans les années 1990, il a notamment travaillé pour des magazines auto, à Gala, aux infos générales à Libération mais aussi, déjà, pour M6… Il a rendu sa carte de presse en 2000 mais se souvient encore du numéro : « 68.125 ».

« Je n’étais pas mauvais journaliste, j’étais décent », dit-il, plein de modestie. Il se sentirait « encore de taille » à faire un reportage télé, mais « ne [se] sent plus capable de maîtriser l’écrit ». Il explique qu’il avait été contacté pour « faire des bouquins » afin de raconter ses voyages ou de « balancer des saloperies sur la télé ». Mais impossible pour lui de reprendre sa plume. « Par fainéantise », parce que « c’est fou comme c’est dur d’écrire », mais aussi parce qu’il se fixe des exigences. « Il faut que ce soit clair, que ce soit français, que ce soit concis. Je pense que j’ai encore l’état d’esprit, la curiosité, l’esprit critique, mais je n’ai plus le talent, ça s’est sûr. » L’humilité, toujours. Stéphane Rotenberg n’a pas les chevilles qui enflent, il garde les pieds sur terre, bien ancré dans la grille des programmes de M6.

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Sauf lorsque la source est mentionnée, toutes les citations de l’article proviennent d’une table ronde qui s’est tenue en octobre au siège de M6 lors de la présentation de l’émission « The Bridge » aux médias. 20 Minutes faisait partie du groupe de journalistes auquel Stéphane Rotenberg a répondu.