Stellantis accuse un retard sur l’électrique et chute en bourse
Stellantis a annoncé des charges exceptionnelles de 22 milliards d’euros pour son exercice 2025, en raison d’une surestimation des ventes de voitures électriques. À la Bourse de Paris, l’action de Stellantis a perdu 23 % vers 10h40, atteignant un prix de 6,28 euros par action, soit près de 80 % de moins qu’à son pic de mars 2024.
Des charges exceptionnelles s’élevant à 22 milliards d’euros. L’action de Stellantis, le constructeur automobile franco-italo-américain, a enregistré vendredi sa plus forte chute en Bourse depuis son introduction en 2021, suite à l’annonce de ces charges sur son exercice 2025.
À la Bourse de Paris, le titre a chuté de 23 % vers 10h40, atteignant 6,28 euros par action, soit près de 80 % de moins qu’à son sommet en mars 2024. En perte de vitesse, Stellantis a indiqué qu’il allait comptabiliser des charges exceptionnelles de 22 milliards d’euros dans ses résultats de 2025, mentionnant une surestimation des ventes de voitures électriques.
Stellantis a déclaré : « C’est le coût d’un »reset » profond mais nécessaire de notre entreprise pour remettre les clients au centre de tout ce que nous faisons et pour soutenir une croissance rentable. » En 2024, le groupe avait enregistré un bénéfice net en baisse de 70 %, s’établissant à 5,5 milliards d’euros. Depuis le début de l’année, l’action a chuté de près de 34 %.
Les analystes de la banque Oddo BhF ont noté que « alors qu’un »reset » était largement attendu, […] l’ampleur des annonces du jour dépasse largement les hypothèses les plus prudentes. » Ils avaient estimé les charges additionnelles à 7 milliards d’euros.
Le secteur automobile européen a également subi une baisse, avec l’action de Volvo reculant de 3,92 % à Stockholm, celle de Renault de 3,85 % à Paris et celle de Volkswagen de 2,23 % à Francfort. Ces charges massives entraîneront le groupe dans le rouge et sont presque équivalentes au total des bénéfices nets de 2023 (18,6 milliards) et 2024.
Le groupe a précisé que 14 milliards de charges concernent en particulier la révision de la gamme de produits aux États-Unis. Stellantis s’aligne sur General Motors et Ford, qui ont récemment annoncé des charges exceptionnelles liées à la révision de leurs objectifs en matière de véhicules électriques, avec 19 milliards de dollars sur trois ans pour Ford et 7 milliards de dollars pour General Motors d’ici fin 2025.
Le marché électrique aux États-Unis est impacté par les décisions de l’administration Trump, qui a assoupli les exigences en matière d’émissions polluantes et mis fin à l’aide fédérale à l’achat.

