Star de Beauval, d’Internet et du lifestyle… Pourquoi le panda a-t-il autant la hype ?

Ce mardi matin au zoo de Beauval, c’était pièces montées glacées sur trois étages et « bambou party » pour fêter le premier anniversaire des jumelles pandas Yuandudu et Huanlili. Too much pour des oursons ? « Certainement pas », répondrons les centaines de visiteurs spécialement venus pour l’occasion. « On ouvrait les portes du zoo à 8 heures, mais certains faisaient la queue depuis 7 heures. Il y en avait déguisés en panda de la tête aux pieds et certains avaient même des vrais tatouages à leur effigie », raconte à 20 Minutes Rodolphe Delord, directeur du parc, évoquant d’une véritable « panda mania ».

Alors que le parc accueillait 600.000 visiteurs par an en 2011 avant l’arrivée du premier panda l’année suivante, il en compte désormais deux millions. « Que cela soit en France, en Europe ou à travers le monde, je ne connais pas un animal qui fascine autant », ajoute le directeur. Il faut dire qu’entre les logos de marques, les films ou les innombrables mugs, sacs, peluches, bijoux, peignoirs et autres vêtements, on voit bien que le panda a plus la fame que le phalanger volant [bien que l’on soit sur un « hiiiiiiiiiiii » à 120 décibels sur l’échelle de l’hystérie quand il saute].

La diplomatie du panda

Selon la spécialiste des tendances Cécile Poignant interviewée par 20 Minutes, « pour qu’une tendance s’inscrive de façon forte et visible, il faut un faisceau de raisons ». Or, dans le cas du panda, « il y a un bouquet d’actions qui convergent vers lui et font son succès ». L’experte en identifie cinq majeurs. Le premier date de l’ère maoïste, époque à laquelle la Chine a commencé à offrir des pandas en cadeau à certains pays avec qui elle souhaitait entamer de bonnes relations. « C’est ce qu’on appelle la diplomatie du panda. En France, elle a en a donné un sous Pompidou en 1973. »

Bien que la Chine ait arrêté cette pratique en 1984, elle continue de louer des pandas à des parcs en échange de grosses sommes d’argent et de dons à des associations. L’animal reste par ailleurs un enjeu politique. « Tous les présidents sont venus les voir au zoo, rappelle Rodolphe Delord. Et lors du dernier déplacement d’Emmanuel Macron en Chine où j’étais du voyage, il a eu une discussion autour des pandas avec son homologue. »

Un héros de cinéma

Le panda est également devenu un symbole lorsqu’en 1961, les fondateurs de l’association WWF le choisissent comme logo. « Depuis, cette bouille est la figure d’une organisation présente dans une centaine de pays avec près de cinq millions d’adhérents et qui défend les droits des animaux et de la nature », résume Cécile Poignant. Parallèle amusant : au Zoo de Beauval on nous assure aussi que ce sont les recettes engendrées par les pandas qui permettent de financer la conservation d’autres animaux en danger.

Aujourd’hui, le succès d’un animal né aussi souvent d’un film au cinéma. « On se souvient de l’explosion des ventes de poissons clown après Nemo ou même de l’engouement autour des Jack Russel avec le film The Artist », rappelle Cécile Poignant. Pour le panda, c’est incontestablement la sortie en 2008 de Kung-Fu Panda (DreamWorks) qui a participé à sa succes-story. Preuve que l’on ne se lasse pas du héros, le quatrième volet de la saga est sorti cet été sur Netflix.

On en revient toujours aux pouces opposables

Pour le quatrième faisceau, la spécialiste des tendances pointe le caractère de l’animal en lui-même. « On a sur lui une forme de projection anthropomorphique. Il est végétarien, de taille humaine avec son mètre 65. Il a six doigts, mais a presque un pouce opposable avec lequel il a développé la capacité de saisir les bambous. » Quant à son attitude nonchalante, peu agressive, sa maladresse et son air débonnaire, ils en ont fait une star des mèmes sur Internet.

via GIPHY

Enfin, d’un point de vue marketing, le panda a un intérêt très graphique. A commencer par ces deux uniques couleurs : noir et blanc. « Plutôt rare chez les animaux », souligne Cécile Poignant qui indique par la même occasion son côté « facile à dessiner et donc facilement reconnaissable et identifiable » pour toutes les générations.

Une différence de taille avec par exemple le lama ou la licorne, également dans le top 10 des animaux tendance. Autant de critères qui laissent penser que le panda reste le roi de la hype, le Yves Saint Laurent des animaux et qu’il n’est pas près d’être détrôné. Déso les chinchillas.