Stade Rennais : « Les entraîneurs français sont sous-cotés »… Genesio prend la défense du « made in France »

Pour Bruno Genesio, « les entraîneurs français sont sous-cotés ». — Mathieu Pattier/SIPA
  • Pablo Longoria a dézingué la formation française et les entraîneurs français dans une interview accordée au quotidien espagnol El País.
  • Ce jeudi en conférence de presse, Bruno Genesio a défendu le talent des entraîneurs français qui « sont sous-cotés » à ses yeux.
  • Il explique par ailleurs qu’ils arrivent mal à s’exporter à cause d’une mauvaise maîtrise des langues étrangères.

Il a mis les pieds dans le plat et bien proprement. Dans une interview accordée au quotidien espagnol El País en début de semaine, le président de l’OM Pablo Longoria a dézingué la formation française, comparée à « la NBA d’Europe ». « C’est le football qui se joue toujours dans la rue, c’est la formation individuelle avant la collective », a-t-il déclaré. Le nouveau boss phocéen n’a pas non plus été tendre avec les entraîneurs français. « Objectivement, si on analyse le marché global, c’est l’un des pays qui exporte le moins d’entraîneurs. Ils ne vendent pas d’idées collectives », a-t-il ajouté. Ces phrases ont fait bondir une bonne partie des dirigeants français comme Hubert Fournier ou Raymond Domenech qui lui ont répondu sèchement.

Bruno Genesio n’a guère apprécié non plus les propos du jeune président espagnol, y voyant une nouvelle attaque contre « les entraîneurs français qui sont sous-cotés » à ses yeux. « Dès qu’un entraîneur étranger arrive, c’est toujours extraordinaire, tout va être révolutionné, a-t-il déclaré ce jeudi en conférence de presse. C’est parfois le cas et il faut le souligner car l’apport d’entraîneurs étrangers nous aide aussi à progresser. Mais il y a aussi des entraîneurs français qui travaillent très bien et leur travail n’est pas mis en avant ».

« Le gros défaut, ce sont les langues étrangères »

L’entraîneur du Stade Rennais a notamment salué le travail de Christophe Galthier (Lille), de David Guion (Reims), de Stéphane Moulin (Angers) ou de Michel Der Zakarian. Sans oublier de rendre hommage à Zinédine Zidane. « Zizou, on n’en parle pas beaucoup par rapport au palmarès qu’il a. Je trouve qu’il n’est pas mis en avant par rapport au travail qu’il a fait et ce qu’il a gagné par rapport à d’autres entraîneurs étrangers ».

Après avoir passé un an et demi en Chine, Bruno Genesio sait aussi mieux que quiconque pourquoi les entraîneurs français s’exportent si peu. « Le gros problème, c’est qu’on n’est pas suffisamment bons pour les langues étrangères, a-t-il estimé. C’est un gros défaut par rapport à d’autres nationalités qui sont capables de parler deux, trois voire plus de langues. Il y a un gros travail à faire dans la formation car ce n’est pas dans notre culture d’apprendre une langue étrangère dès le plus jeune âge contrairement à d’autres pays ».

L’image d’entraîneurs « frileux et défensifs »

Pour Bruno Genesio, les entraîneurs français sont aussi « moins sexy » aux yeux des supporters et des suiveurs car « ils n’ont pas la carte ». « Ils n’ont peut-être pas le look, la façon de parler ou le réseau », a-t-il détaillé.

Mais ils ne sont pas tous « défensifs et frileux », une image qui leur colle souvent à la peau. « C’est très français cela de vouloir mettre des gens dans une case, a-t-il ajouté. L’entraîneur espagnol a l’image d’un entraîneur qui va faire du jeu, l’entraîneur anglais aura forcément le « fighting spirit ». Mais c’est très réducteur tout ça. Dans chaque pays, il y a des profils d’entraîneurs différents ».

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