Sous la pluie, Donald Trump joue la carte du patriotisme et de l’unité pour la fête nationale

Des avions de la Navy volent au-dessus de Donald Trump et du Lincoln Memorial, pour la fête nationale américaine, le 4 juillet 2019. — Alex Brandon/AP/SIPA

Happy birthday, USA ! Donald Trump a célébré jeudi l’histoire des Américains pour qui « rien n’est impossible », dans un discours rendant hommage à l’armée et appelant au rassemblement, face aux critiques qui lui reprochaient de s’être invité au coeur la fête nationale traditionnellement apolitique.

« Notre nation est plus forte aujourd’hui que jamais auparavant », a déclaré le président américain sous les applaudissements de milliers de spectateurs, dans un discours entrecoupé de musiques militaires et du spectaculaire survol d’avions de guerre.

L’imposant Air Force One, le Boeing 747 des présidents américains, a survolé le coeur historique de Washington pour annoncer l’ouverture de la cérémonie qui a duré moins d’une heure. Et la patrouille d’acrobaties aériennes Blue Angels a clôturé ce spectacle d’une ampleur inédite, qui a offert notamment la vision rare de la silhouette fine du chasseur furtif B-2. « USA, USA », s’est mis à scander le public lorsque le milliardaire républicain est arrivé, accompagné de son épouse, Melania Trump, aux pieds de marches du Lincoln Memorial, monument à la gloire du 16e président américain.

La pluie invitée d’honneur

C’est depuis ces mêmes marches que Martin Luther King délivra en 1963 son discours historique « I have a dream » en faveur de l’égalité pour les Noirs. « Aujourd’hui, nous nous rassemblons comme un seul pays pour cet hommage très spécial à l’Amérique », a déclaré Donald Trump, avant d’énumérer les découvertes et avancées médicales, spatiales, technologiques et industrielles faites par des Américains. « Nous serons de retour sur la Lune sous peu et un jour prochain, nous planterons le drapeau américain sur Mars », a promis Donald Trump.

La pluie a perturbé le début des festivités mais les orages ont finalement fait une pause pour le discours présidentiel. Sur les caméras de télévision, Donald Trump était toutefois derrière une vitre de protection ruisselante.

Polémique sur la dimension militaire

Sous le feu des critiques pour s’être invité dans la grande fête du 4 juillet et lui avoir donné une dimension politique et militaire, Donald Trump a proclamé : « Pour les Américains, rien n’est impossible ». Donald Trump a rendu hommage aux militaires, à la police, aux sauveteurs et volontaires du 11-Septembre, mais aussi à de nombreuses personnalités civiles, dont le mouvement des suffragettes et plusieurs grandes figures noires américaines, dont Martin Luther King.

Il a toutefois parsemé son discours de références plus polémiques, dont un hommage à la police de l’immigration ICE, régulièrement stigmatisée pour son traitement des clandestins venus d’Amérique latine. Il a aussi cité « Betsy Ross », nom désignant une ancienne version du drapeau des Etats-Unis qui a été dénoncée récemment par certains pour qui elle rappelle l’époque de l’esclavage.

« Satisfaire son ego »

Le 4 juillet marque le Jour de l’indépendance, Independence Day, lorsqu’en 1776 treize colonies britanniques fondèrent les Etats-Unis d’Amérique. Des milliers de personnes se rassemblent chaque année dans une ambiance bon enfant sur les immenses pelouses du National Mall, grande esplanade de Washington, bordée de musées et monuments officiels. Mais cette fois-ci, beaucoup portaient des casquettes, T-shirts et pancartes au nom de Donald Trump. Ils avaient patienté de longues heures malgré la chaleur étouffante et les orages d’été.

Mais en chamboulant l’ordonnancement des festivités, le président s’est attiré les foudres des démocrates, qui craignaient un « meeting de campagne partisan ». Cet évènement a été « conçu plus pour satisfaire son ego que pour célébrer les idéaux américains », a dénoncé le candidat à la Maison Blanche Joe Biden, favori dans les sondages parmi les démocrates.

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