Sourire ultrabright : Kit acheté sur Internet, carie… Ce qu’il faut savoir (et éviter) pour un blanchiment dentaire réussi

Un beau sourire, façon star hollywoodienne, c’est simple : ce sont des dents bien blanches, et bien alignées. Mais en pratique, avec le temps et quelques mauvaises habitudes, elles peuvent se parer d’une teinte gris-jaune-marron disgracieuse. « Il y a la coloration intrinsèque des dents, qui fait qu’elles sont naturellement plus ou moins blanches. Et les colorations de surface, liées, elles, à nos habitudes de vie. La consommation de café, thé, soda, tabac, vin tanique, fruits rouges, épices ou aliments industriels riches en colorants va faire perdre leur blancheur aux dents », explique le Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole de l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD). Un phénomène très courant qui peut complexer au point de ne plus oser sourire.

D’où le succès grandissant des techniques de blanchiment dentaire, qui font de plus en plus d’adeptes. En kit acheté en ligne, dans les bars à sourire ou en cabinet dentaire, le blanchiment dentaire se pratique à tous les prix, mais pas avec le même degré d’efficacité ou de sécurité. 20 Minutes vous révèle donc les secrets d’un sourire ultrabright sans compromettre sa santé dentaire.

Le blanchiment dentaire pour les nuls

Par quel procédé des dents jaunies peuvent-elles retrouver leur blancheur ? « C’est simple, il n’existe qu’un seul produit capable d’éclaircir les dents en oxydant leurs pigments colorés, c’est le peroxyde d’hydrogène, plante le Dr Lequart. Et la réglementation européenne est très claire : la concentration maximum de produit pouvant être utilisée en cabinet est de 6 % de peroxyde d’hydrogène présent ou rejeté. Un produit dérivé, le peroxyde de carbamide, est aussi fréquemment utilisé. En revanche, dans les bars à sourire comme dans les kits de blanchiment en vente libre, la concentration maximum autorisée est de 0,1 %. Forcément, on ne peut pas atteindre les mêmes résultats ».

En cabinet, « on utilise le plus souvent la méthode ambulatoire : on réalise une empreinte de la bouche du patient pour lui fabriquer des gouttières, dans lesquelles on applique le gel de peroxyde d’hydrogène, décrit le Dr Lequart. Il faut en moyenne les porter trois heures par jour jusqu’à trois semaines selon la couleur des dents et le résultat visé. En revanche, ces produits ne fonctionnent que sur les dents naturelles, pas sur les composites, couronnes et facettes ».

Côté prix, « les tarifs sont libres, et peuvent osciller entre 400 et 1.200 euros, indique le chirurgien-dentiste. Des variations qui s’expliquent par la localisation du cabinet ou la notoriété du praticien ».

Les précautions à prendre

« Avant d’entamer un blanchiment, il faut s’assurer que la bouche est en bonne santé, souligne le Dr Lequart. En cas de carie, la barrière protectrice est rompue, et même avec un produit concentré à 0,1 %, le peroxyde d’hydrogène va pénétrer très profondément à l’intérieur de la dent, avec un risque de mortification. Idem en cas d’inflammation ou de maladie des gencives, le peroxyde d’hydrogène l’aggraverait. D’où l’importance de traiter cela au préalable. Ensuite on pourra faire le blanchiment, qui est un acte de dentisterie esthétique ».

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

Pas envie de dépenser des centaines d’euros chez le dentiste pour retrouver des dents bien blanches ? « Attention aux remèdes de grand-mère, comme utiliser du jus de citron seul, voire associé à du bicarbonate de soude, prévient le Dr Lequart. Le jus de citron, très acide, peut certes donner un aspect de blancheur immédiat, mais il va déminéraliser et fragiliser l’émail de la dent, lui donner un aspect crayeux. Et si en plus, on frotte avec du bicarbonate de soude, qui a une taille de grain relativement élevée à l’effet abrasif, on va éliminer une partie de la couche de l’émail, et c’est irréversible : l’émail perdu ne repousse jamais. Alors qu’avec un dentifrice qui en contient, il s’agira de bicarbonate micropulvérisé, beaucoup plus fin, qui aura un effet polissant, sans abîmer l’émail ».

Et gare à la tentation d’acheter en ligne un kit blancheur. « Ce qui est très problématique, en achetant sur Internet, c’est que les produits peuvent venir de l’autre bout du monde et contenir des concentrations qui ne respectent pas la réglementation européenne », alerte le chirurgien-dentiste.

Vous avez testé

Un conseil entendu et appliqué par Lisa. « Ayant les dents assez jaunes, j’ai voulu faire un blanchiment. Mais il était hors de question d’acheter des produits à bas prix sur Internet ! Je suis donc allée le faire chez mon dentiste, pour être en toute confiance », raconte la jeune femme, qui a payé « 400 euros. J’ai eu des gouttières à porter durant deux semaines toutes les nuits. Et quelques effets secondaires : sensibilité dentaire et rougeur au niveau des gencives ». Cette sensibilité dentaire « est fréquente, mais elle n’est pas systématique, et varie d’une personne à l’autre, mais elle est temporaire, rassure le Dr Lequart. Pour l’éviter, on préconise durant le traitement d’utiliser un dentifrice pour dents sensibles : après avoir porté les gouttières avec le gel de peroxyde, on les nettoie et on y met ce dentifrice, et on garde les gouttières cinq minutes, avant de rincer », conseille le praticien.

Un an après son blanchiment, Lisa en est toujours aussi satisfaite : « le résultat est impeccable et mes dents sont toujours aussi blanches ». Et pour garder son sourire ultrabright, « après avoir bu son thé, café ou autre boisson qui jaune les dents, on boit tout de suite un verre d’eau pour rincer les tanins, recommande le Dr Lequart. C’est comme un mug : si on le rince tout de suite, il n’y a pas de trace de thé ou de café. Mais si on attend trop, il faut frotter pour qu’il soit de nouveau propre ».