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Soumission chimique : Que faire si vous ne l’êtes pas ?

À partir du 1er janvier, les analyses médicales pour détecter des traces de soumission chimique seront remboursées en totalité dans trois régions : l’Ile-de-France, les Pays-de-la-Loire et les Hauts-de-France. Les résultats de tests de soumission chimique sont ensuite transférés au médecin dans un délai maximal de 28 jours pour les analyses de sang et d’urine et de six semaines pour les analyses de cheveux.


La nuit de la Saint-Sylvestre peut parfois apporter de très mauvaises surprises, et chaque année, elle est le théâtre de nombreuses agressions physiques ou sexuelles. Voici les étapes à suivre si vous pensez avoir été victime de soumission chimique.

À compter du 1er janvier, les analyses médicales permettant de détecter des traces de soumission chimique seront entièrement remboursées dans trois régions : l’Ile-de-France, les Pays-de-la-Loire et les Hauts-de-France. Cette expérimentation, qui va durer trois ans, « s’inscrit dans la politique gouvernementale de lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes », selon le ministère de la Santé. Elle vise à « offrir un accès simplifié et rapide aux analyses, même sans plainte préalable, et à améliorer la prise en charge des potentielles victimes ».

Sur son site Internet, le ministère de la Santé précise que, en dehors du périmètre d’expérimentation, « les examens pour détecter les substances indiquant un état de soumission chimique ne sont pas remboursés par l’assurance maladie ». Cependant, ces frais peuvent être couverts par les frais de justice dans le cadre d’une enquête, d’où l’importance de porter plainte.

### Repérer rapidement les symptômes inhabituels

« Les victimes de soumission chimique présentent toutes des symptômes inhabituels », rappelle l’Assurance maladie, mais « seules des analyses toxicologiques permettent d’identifier le mode opératoire utilisé par l’agresseur ». Vous pourriez avoir été victime si vous ressentez : des troubles de la mémoire ou de l’équilibre, une somnolence durant la journée, une vision altérée, des bouffées de chaleur ou des nausées, voire des vomissements. Des événements anormaux dans votre quotidien peuvent également être des indicateurs, tels que des traces de violence sur le corps, des transactions bancaires réalisées sans votre consentement, des objets personnels manquants, des vêtements ou un appartement en désordre.

Si vous présentez un ou plusieurs de ces symptômes de manière répétée ou si vous vivez un événement inhabituel, il est recommandé de les signaler immédiatement. « L’élimination des substances impliquées est rapide et la trace de ces substances dans le corps disparaît rapidement ». L’association M’endors Pas, présidée par Caroline Darian — fille de Gisèle Pelicot — préconise diverses précautions à prendre en cas d’agression suspectée ou avérée. Il est conseillé de conserver les éléments suspects (comme les boissons ou la nourriture consommée) ainsi que « l’agent de soumission chimique suspecté » (comme un médicament), et de préserver les cheveux (sans les couper, les teindre, les décolorer ou appliquer un traitement agressif).

### Dépôt de plainte et analyse médicale

Le site Internet du CRAFS offre des possibilités d’appels téléphoniques avec des conseillers, ainsi que la possibilité de déclarer un cas de soumission chimique et de se renseigner sur la suite de la procédure. Pour faire face à l’urgence, il est conseillé de porter plainte dans les plus brefs délais. Une consultation médico-légale permettra ensuite d’accéder à différentes prises en charge. La victime peut également consulter un médecin (généraliste ou urgentiste) sans avoir déposé plainte.

Les résultats des tests de soumission chimique seront transmis au médecin dans un délai maximal de 28 jours pour les analyses de sang et d’urine, et de six semaines pour les analyses de cheveux.