Sophie Adenot : Quels défis pour enfiler une combinaison Decathlon en 2 minutes ?
Sophie Adenot, astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA), doit décoller ce vendredi pour la Station spatiale internationale (ISS), où elle passera neuf mois dans le cadre de sa mission Epsilon. Elle travaillera notamment sur l’expérience EchoFinder, qui vise à développer un système d’échographie utilisable en toute autonomie pour que les astronautes puissent suivre leur état de santé sans avoir besoin d’être guidés par un médecin sur Terre.
Sophie Adenot aura un emploi du temps chargé durant sa mission. L’astronaute française de l’Agence spatiale européenne (ESA) s’apprête à décoller ce vendredi en direction de la Station spatiale internationale (ISS), où elle passera neuf mois dans le cadre de sa mission Epsilon. Elle a prévu de réaliser 200 expériences scientifiques, dont dix d’origine française. Ces expériences, coordonnées par le Centre national d’études spatiales (Cnes) et son Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (Cadmos), concernent la physiologie, la santé, la technologie ainsi que l’éducation. Voici un aperçu.
### ChlorISS, une expérience avec les écoles de France
Tout comme Thomas Pesquet avait son blob à s’occuper, Sophie Adenot aura des graines à faire germer. Depuis 2016, les astronautes français participent à une expérience éducative à chaque mission, impliquant des élèves à travers le pays. La Française suivra cette tradition avec ChlorISS, une expérience d’astrobotanique se déroulant dans l’ISS et dans 4 500 établissements scolaires, allant des écoles primaires aux lycées volontaires.
Concrètement, Sophie Adenot fera germer dans l’espace des graines d’arabette des dames et de mizuna sous différentes intensités lumineuses. Un projet simultané se déroulera sur Terre où les élèves des classes partenaires reproduiront les mêmes conditions, afin d’étudier l’impact de la lumière et les effets de la gravité sur la germination et la croissance des plantes.
### EchoFinder, pour des échographies sans médecin
Sur le plan de la santé, Sophie Adenot s’engagera également dans l’expérience EchoFinder, qui a pour objectif de mettre au point un système d’échographie opérationnel en autonomie. L’idée est que les astronautes puissent surveiller leur santé grâce à l’imagerie médicale par ultrasons, sans avoir besoin d’une assistance médicale depuis la Terre. Ce sujet est particulièrement pertinent pour les missions futures vers la Lune et Mars, où les délais de communication rendent impossible une telle interaction.
Au cours de leur mission, les astronautes utiliseront des données préalablement recueillies par des médecins pour localiser un organe spécifique chez un collègue et identifier le bon angle pour l’observer. Ce système pourrait également être bénéfique sur Terre, notamment en mer, dans les sous-marins ou dans des zones où l’accès médical est restreint.
### MatISS-4, pour identifier des surfaces résistantes aux microbes
MatISS-4 est la quatrième itération de l’expérience MatISS, lancée par Thomas Pesquet lors de sa première mission dans le laboratoire orbital. Ce dispositif se compose de petits boîtiers que Sophie Adenot installera à divers endroits dans l’ISS. Ces boites, équipées de fenêtres recouvertes de différents matériaux connus pour leurs propriétés antibactériennes, captureront les contaminants présents dans l’atmosphère afin d’analyser leur résistance à ces surfaces.
L’objectif est d’identifier ces contaminants et d’étudier comment certaines revêtements innovants peuvent stopper le développement de micro-organismes pathogènes. Les résultats de cette expérience pourront aider les fabricants de vaisseaux spatiaux à concevoir des matériaux antimicrobiens, qui pourraient également être utilisés en milieu hospitalier ou dans les transports publics.
### EuroSuit, la combinaison spatiale de Decathlon
Un partenariat inattendu s’est établi entre le Cnes, l’entreprise française Spartan Space, le Medes et Decathlon. Dans l’ISS, Sophie Adenot testera EuroSuit, un prototype de combinaison intravéhiculaire développé par les équipes de Decathlon.
L’astronaute évaluera notamment la rapidité pour enfiler et retirer la combinaison en micropesanteur, ainsi que la manipulation de petits objets ou l’interaction avec des tablettes tactiles. L’EuroSuit doit pouvoir être enfilé et retiré sans assistance en moins de deux minutes. Ce type d’équipement pourrait être crucial lors des phases critiques du vol, comme le lancement et l’atterrissage.

