Sommet sur le climat : Joe Biden relève les objectifs des Etats-Unis mais reste flou sur les détails

Joe Biden lors du sommet virtuel sur le climat du 22 avril 2021 à la Maison Blanche. — Evan Vucci/AP/SIPA

Angela Merkel, Antonio Guterres, Emmanuel Macron ou Boris Johnson… Le monde entier ou presque a salué « le retour » de l’Amérique ou un « tournant », jeudi, alors que Joe Biden a relevé les objectifs américains en matière d’émissions carbone à l’occasion d’un sommet virtuel sur le climat organisé par Washington. Reste à voir si le Congrès suivra le président américain, qui mise en grande partie sur son grand projet de loi sur les infrastructures pour son virage vert.

Vantant les bénéfices économiques « extraordinaires » qui peuvent découler des réformes écologiques, le 46e président des Etats-Unis a promis de réduire les émissions de gaz à effet de serre de la première économie mondiale de 50 % à 52 % d’ici 2030 par rapport à 2005. Cet objectif double quasiment l’ancien engagement de Washington d’une diminution de 26 % à 28 % à l’horizon 2025. Il doit permettre à l’économie américaine d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Aucune marge de manœuvre au Sénat

Joe Biden est cependant à ce stade resté évasif sur les moyens concrets d’y parvenir. Son gigantesque plan pour les infrastructures, de plus de 2.000 milliards de dollars, comprend un important volet de transition écologique. Mais il pourrait se heurter à de vraies résistances au Congrès.

Les démocrates n’ont en effet que 50 voix sur 100 au Sénat, avec Kamala Harris pour faire pencher la balance en cas d’égalité. Mais pour évider l’obstruction parlementaire, il faut en théorie 60 voix. Les républicains, eux, ont dévoilé leur propre plan, qui coûte… quatre fois moins. Un compromis semble impossible à atteindre.

Les démocrates pourraient, en théorie, passer outre avec le processus de réconciliation budgétaire, qui permet de voter une fois par an à la majorité simple quand un projet de loi ayant un impact sur le budget. Ils ont déjà utilisé ce joker pour le plan de relance, mais une décision récente pourrait leur permettre de récidiver. Sauf que le sénateur démocrate centriste Joe Manchin, qui doit faire avec un électorat très conservateur dans les terres industrielles et rurales de Virginie occidentale a dit qu’il était opposé à la chausse des impôts sur les sociétés proposées comme moyen de financement de gigantesque plan de dépenses.

Un sommet crucial à Glasgow en novembre

De son côté, le président chinois Xi Jinping s’est dit « déterminé à travailler avec la communauté internationale, et en particulier les Etats-Unis » sur ce front, en dépit de très vives tensions entre les deux grandes puissances rivales sur nombre d’autres dossiers. Il a réaffirmé l’objectif d’une neutralité carbone de la Chine d’ici 2060.

Les grandes puissances invitées, qui représentent ensemble 80 % des émissions mondiales, se sont mises en ordre de marche pour ce sommet, point d’étape vers la grande conférence de l’ONU, la COP26, prévue en fin d’année à Glasgow, en Ecosse.

Pour le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, ce sommet marque « un tournant ». L’organisation environnementale WWF a salué un sommet et des annonces qui apportent « un nouveau souffle » à la lutte contre le réchauffement de la planète. « Les six mois à venir seront cruciaux », a cependant mis en garde John Kerry, évoquant l’échéance écossaise de novembre. « Je pense que Glasgow est notre dernier espoir pour que le monde se rassemble et s’engage dans la même direction ».

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