SNCF : Malgré ses pertes, l’entreprise ne demandera pas l’aide de l’Etat

Jean-Pierre Farandou tente de rassurer : même si la SNCF semble dans son bilan aller mal, l’inquiétude ne doit pas être de mise. L’entreprise publique sera en effet encore dans le rouge cette année mais devrait pouvoir se passer d’une nouvelle aide de l’Etat ou de cessions supplémentaires, estime son PDG dans une interview au Figaro à paraître ce mardi.

« Je crains que nous ne soyons encore en pertes cette année en raison du troisième confinement » au printemps, indique Jean-Pierre Farandou. Mais, « à ce stade, je ne demande pas de l’aide à l’Etat. On va emprunter l’équivalent de notre déficit pour faire face aux dépenses courantes ».

Geodis « a permis d’amortir l’effet de la crise »

Le groupe public avait bénéficié directement d’une recapitalisation de 4 milliards d’euros de l’Etat l’an dernier, destinée au réseau. Il a encore perdu 780 millions d’euros au premier semestre 2021, après en avoir perdu 3 milliards en 2020, mais « est en situation de rebond ».

« Notre logisticien Geodis fait partie des gagnants de la crise » sanitaire. « Quand le poumon du TGV est un peu enrhumé, le poumon de la logistique fonctionne bien et ça fait respirer le groupe. Cela nous a permis d’amortir l’effet de la crise », remarque Jean-Pierre Farandou. « Pour nous désendetter, nous avons très bien vendu Ermewa, un loueur de wagons de fret, qui n’était pas un actif stratégique », relève-t-il également. Cette cession, finalisée le 22 octobre, va se traduire par un désendettement net d’environ 3,2 milliards d’euros pour la SNCF.

Vers moins de salariés

Le président de la SNCF confirme par ailleurs l’objectif d’équilibre financier en 2022, convenu avec l’Etat lors de la réforme ferroviaire de 2018. « Pour y arriver, nous travaillons à développer le chiffre d’affaires. On ne sera pas très loin de revenir en 2022 au niveau d’avant le Covid », assure-t-il. « Et nous réduisons nos charges avec des plans d’économies ». « Nous avons aussi repoussé certains investissements dans le matériel roulant ou l’informatique ». La SNCF va également baisser le nombre d’employés de « 1,5 % à 2 % en ne remplaçant pas tous les départs à la retraite ».

Enfin, s’il reconnaît que l’arrivée de la concurrence est « un choc », Jean-Pierre Farandou considère que son adversaire principal est « la route », l’objectif étant de doubler la part du rail en dix ans. Selon lui, la SNCF « transportera plus de passagers » si le marché grandit, même si elle perd des parts de marché.