SNCF : La classe Optimum, sans enfants mais avec animaux, crée la controverse
La SNCF a précisé que les enfants « n’ont pas accès » aux classes de l’offre Optimum, car « aucun forfait « Bambin » ou « Enfant » n’est proposé dans ces classes ». Gaëlle Babault, directrice Offres TGV Inouï, a affirmé que « non les enfants ne sont pas exclus de nos TGV », cette classe étant ouverte à tous à partir de 12 ans.
Des espaces sans enfants pour « garantir le confort » dans les TGV ? Alors que la tendance « no kids » s’installe en France, la SNCF est critiquée pour son manque de tolérance, car l’une de ses offres haut de gamme n’accueille pas les enfants. Cela a suscité une réaction de la haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, qui a qualifié sur BFM TV de « choquant » que « le confort des adultes passe par l’absence d’enfant ».
Sur sa page de l’offre Optimum, la SNCF précise que « les enfants n’ont pas accès » à ces classes : « Aucun forfait « Bambin » ou « Enfant » n’est proposé dans ces classes », indique l’entreprise. Autrement dit, toutes les personnes de moins de 12 ans en sont exclues, tandis que les animaux de compagnie sont acceptés. Une autre page, critiquée par le compte Instagram du podcast Les adultes de demain, mentionnait que « pour garantir un maximum de confort à bord de l’Espace Dédié, les enfants ne sont pas acceptés ».
Une vague de réactions a suivi sur les réseaux sociaux. La journaliste Judith Duportail a commenté : « Interdire un wagon aux enfants c’est aussi en exclure les mères, sans aucune honte. Est-ce que bientôt on aura plus le droit de sortir de chez nous avec un enfant ? ». Mélanie Bilodeau, psychoéducatrice spécialisée en périnatalité et petite enfance, a réagi en déclarant : « C’est honteux ! Et les adultes qui parlent au portable à haute voix, qui écoutent des vidéos TikTok comme s’ils étaient seuls, qui discutent avec un passager 3 sièges plus loin, on en parle ? ».
Interrogée quelques heures plus tard par la chaîne d’informations en continu, Sarah El Haïry a affirmé « comprendre » que « quand on voyage en loisirs, ce n’est pas comme quand on voyage pour le travail, que l’on a besoin de services spécifiques », tout en soulignant que « voyager avec des enfants, ce n’est pas un problème à corriger, mais une réalité à accompagner ». Elle a ajouté : « Développons à la même vitesse des espaces aménagés pour les familles ».
La journaliste Johanna Luyssen, sur Libération, a exprimé : « On en a ras le bol, en fait, de nous excuser de nous être reproduit auprès de personnes qui ont décrété toutes seules que certains êtres vivants étaient des nuisibles – leur intolérance est avant toute chose leur problème ».
Pour sa défense, la SNCF a fait intervenir Gaëlle Babault, directrice des Offres TGV Inouï, qui a déclaré : « Non, les enfants ne sont pas exclus de nos TGV. Cette classe est ouverte à tous, à partir de 12 ans, ce qui était déjà le cas dans l’offre Business Première. Cette classe ne représente que 8 % de l’espace du train, du lundi au vendredi ». L’entreprise a également précisé que cela « n’a rien d’une nouveauté, c’était déjà le cas depuis des années dans notre offre précédente Business Première », en réponse à un post Instagram du podcast Les adultes de demain. À la question de savoir depuis quand ces offres excluent les enfants, la SNCF n’avait pas encore répondu au moment de la publication de cet article.
Sur le site sncf-connect.com, la mention selon laquelle « les enfants ne sont pas acceptés » pour des raisons de « confort » a été modifiée pour indiquer : « Cet espace calme est accessible à partir de 12 ans (Les plus petits sont bien sûr les bienvenus dans le reste du train) ».

