« Sky Rojo » : Sexe, violence, drogue et course-poursuite… Le cocktail explosif des créateurs de la « La Casa de Papel »

Lali Espósito, Verónica Sánchez et Yany Prado sont les héroïnes de « Sky Rojo ». — TAMARA ARRANZ
  • Álex Pina et Esther Martínez Lobato, les créateurs de La Casa de Papel, livrent ce vendredi pour Netflix leur nouvelle création, Sky Rojo.
  • Cette série suit trois prostituées qui fuient le bordel dans lequel elles étaient prisonnières.
  • Course-poursuite, sexe, violence et drogue… Les ingrédients d’un cocktail explosif.

Un road-trip très coloré et survitaminé ! En attendant la mise en ligne de la dernière partie de La Casa de Papel, Álex Pina et Esther Martínez Lobato livrent ce vendredi pour Netflix leur nouvelle création, Sky Rojo, une série qui a tous les ingrédients nécessaires pour devenir un succès tape à l’œil, même si elle n’est pas exempte de défauts.

Après les villas de luxe et les raves euphoriques d’Ibiza de White Lines, Álex Pina emmène le spectateur dans les paysages désertiques de l’île de Ténérife, où Coral (Verónica Sánchez), Gina (Yany Prado) et Wendy (Lali Espósito) sont retenues prisonnières dans un bordel opulent tenu par leur abject et bien nommé proxénète Romeo (Asier Etxeandía). À la suite d’une altercation qui tourne mal avec leur mac, les trois prostituées prennent la fuite. Moisés (Miguel Ángel Silvestre) et Christian (Enric Auquer), les porte-flingue du tenancier du club partent à leur poursuite.

Sexe et violence à gogo

Au fil des épisodes et de la course-poursuite, des flash-back révèlent progressivement les histoires déchirantes qui ont conduit chacune de ses femmes à son sort désespéré. Sky Rojo espère ainsi dénoncer les pratiques mafieuses des maisons closes, un business qui rapporte des milliards d’euros à l’Espagne. Ces travailleuses du sexe sont loin d’être toutes consentantes et leur métier leur suscite un vif dégoût.

Coral, mystérieuse et toxicomane protagoniste, est arrivée au club après une vie rangée de femme au foyer et des études de biologie. L’optimiste Gina est victime de la traite cubaine, Wendy quitte les bidonvilles argentins dans l’espoir d’une vie meilleure.

Loin d’être un drame, Sky Rojo penche vers le tarantinesque… Álex Pina et Esther Martínez Lobato rejouent la scène de la piqûre en pleine overdose de Pulp fiction. Les scènes de violence stylisées sont dopées à l’ironie et à l’adrénaline. La nudité et les scènes de sexe ne donnent pas précisément l’aperçu viscéral de l’horreur que ces femmes subissent, mais tiennent plutôt des films de sexploitation façon Russ Meyer comme Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !

Si l’on finit par s’attacher à ce trio en mode Thelma et Louise grâce à leurs interprètes, les personnages masculins frôlent quant à eux la caricature. Les ressorts dramatiques de cette course-poursuite ne tiennent carrément pas la route. (Genre, qui oublie de désactiver la localisation de son smartphone quand il prend la fuite ?)

Si Netflix n’a pas lésiné sur les moyens de production et que la scénographie peut être percutante, les rebondissements s’empilent les uns sur les autres à un rythme effréné, voire anarchique, sans vraie résonance émotionnelle. Sky Rojo a aussi trop souvent recours à la narration en voix off pour donner du sens au récit. Nul doute cependant que le cocktail explosif de Sky Rojo va enivrer certains.

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