« Skam France » : « On envoie les personnages dans un avenir radieux », explique le scénariste Niels Rahou

« 20 Minutes» était sur le tournage des saisons 5 et 6 de « Skam France ». — A. Demoulin/20 Minutes

Tout était prévu. La saison 6 de Skam France, la deuxième parfaitement inédite et qui s’affranchit donc un peu plus de son modèle norvégien, devait être lancée le 18 avril, à la veille du retour en classe des élèves parisiens. Et comme la série suit désormais « la vraie vie » des spectateurs en même temps que celle des personnages, les héros de Skam devait préparer le bac…

Le coronavirus et le confinement sont venus tout bousculer. Les futurs bacheliers ne reviendront pas, ou peu, au lycée, et il n’y aura pas d’épreuves cette année. Malgré tout, France TV Slash a choisi de diffuser cette saison 6, comme prévu. « On perd de cette pertinence dont on était très content en saison 5, qui avait débuté le 31 décembre, et était calée à la réalité, explique Nils Rahou, directeur de collection. J’espère que les gens apprécieront quand même… »

Le scénariste en chef de la série explique à 20 Minutes le tournant que représente cette saison pour les personnages, et pour lui-même.

Une saison de Skam avec des personnages confinés, ça aurait été possible ?

Dans Skam, le lycée est une part importante des histoires. Tout est envisageable mais je crois qu’on perdrait beaucoup de la chair de la série. C’est des rencontres et collisions entre personnage que naît l’histoire.

Il y a dans cette saison, des thématiques sur le passage à l’âge adulte, peut-être plus apaisées.

Les personnages ont mûri. C’est la chance de cette série, pour un scénariste, de pouvoir accompagner des personnages qui grandissent. Les spectateurs ont en tête les épreuves et les moments cools qu’ils ont traversé, et la manière dont les événements les ont changés. On ne laisse pas nos personnages enfermés dans des carcans, ils s’émancipent. Avec Skam, on raconte un âge de la vie où beaucoup de traits de caractère s’établissent, un âge où on fait des choix. Quel adulte devenir ? Là, les personnages que l’on suit depuis le début arrivent à maturité, on les accompagne encore un peu mais déjà, ils ont des questionnements de jeunes adultes.

Et quels adultes vont-ils devenir ?

Ah je ne sais pas. Mais on les envoie dans un avenir radieux, je pense. Basile par exemple était un personnage relou, voire problématique, parce qu’il manquait de confiance en lui. Là, il est mieux dans sa peau, il a atteint une maturité émotionnelle.

Peut-être pouvait-on s’attendre à une saison très orientée sur le bac des personnages historiques. Finalement, c’est Lola, la petite nouvelle, qui est au centre. Pourquoi ?

Lola apporte un renouveau à la série. C’est un personnage que l’on a eu le droit de créer grâce à notre accord avec les créateurs de la série originale. Elle est liée à Daphné, un personnage originel et elle apporte autre chose, un lien. On se sert d’elle pour parler des autres personnages, et non pas l’inverse. Elle est vraiment au centre de cette saison.

Vous en aviez marre d’eux ?

Non, pas du tout. Mais ça ne m’intéressait pas trop de suivre leurs révisions du bac. C’est assez monotone… Et je préférais focaliser pour Lola. Je voulais qu’elle ait sa propre vie, ses propres interactions, qu’elle se fasse son crew, sa bande à elle, comme Emma en saison 1, et comme Lucas avec la bande de garçons.

Les anciens auront tout de même droit à leurs adieux ?

On leur dit au revoir, oui. La série se passe au lycée, pas en études supérieures. On va jusqu’à la fin de l’année scolaire avec eux. Il y a, pour les anciens personnages qui passent le bac, un côté « Et maintenant ? ».

Pour la série aussi. Et maintenant ? Une saison 7 ?

Je ne sais pas et je ne peux rien dire. Nous, on est prêt pour ça, on a des intrigues, des personnages. On verra…

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