Six enfants sur dix ont peur de devenir pauvres un jour selon le baromètre du Secours populaire

Les adolescents sont de plus en plus négatifs sur leur avenir et ont peur à 62 % d’être pauvres eux-mêmes selon une étude du Secours populaire. (photo illustration) — V. WARTNER / 20 MINUTES

  • Le Secours populaire a présenté ce mardi son 13e baromètre sur la pauvreté, en partenariat avec Ipsos.
  • Selon un sondage mené auprès des plus jeunes, 62 % des interrogés de 8 à 14 ans affirment avoir peur d’être pauvres un jour eux-mêmes.
  • Les Français considèrent qu’une personne seule est pauvre si elle a un revenu inférieur à 1.193 euros.

« On entend tous les jours qu’il y a de plus en plus de pauvres, je me dis que je pourrais être l’un d’eux un jour. » Le sentiment de Matéo, un élève de 5° au collège Bellevue de Toulouse, nombreux sont les 8-14 ans à le partager selon le Secours populaire. L’association avait choisi la Ville rose pour dévoiler cette année les résultats de son baromètre Ipsos annuel sur la pauvreté en France.

Avec un focus sur les enfants, qui représentent 41 % des bénéficiaires du Secours populaire. A l’instar de leurs aînés, leur inquiétude vis-à-vis de l’avenir grandit. « La crainte de devenir pauvre n’a jamais été aussi forte chez les jeunes, six enfants sur dix ont peur de devenir pauvres, soit 4 % de plus qu’en 2015 », détaille Etienne Mercier de l’institut Ipsos. Une pauvreté qu’ils côtoient régulièrement, dans la rue, mais aussi sur les bancs d’école.

« On entend que dans certaines familles, les enfants ne sont pas partis cet été, qu’ils ne peuvent plus payer les factures et sont à découvert », relève Romain, un autre collégien. L’étude révèle ainsi que 77 % des interrogés savent que leurs camarades ne sont pas partis en vacances, que pour 72 % d’entre eux ils ne vont jamais au cinéma au musée ou dans un parc d’attractions ou qu’ils n’ont jamais de chaussures ou de vêtements neufs (61 %).

Des parents de plus en plus inquiets

« Entre ce qu’ils voient à la télé et les échanges à la maison, ils vivent l’insécurité de l’emploi », indique Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours populaire. Ils la perçoivent d’autant plus, que leurs parents sont de plus en plus inquiets pour eux. « Il y a dix-quinze ans, les Français disaient que leurs enfants vivraient mieux qu’eux mais depuis quelques années, ils considèrent que leurs enfants vivront moins bien et huit Français sur dix disent qu’ils ont plus de chance de rencontrer des difficultés », expose Etienne Mercier.

Une inversion de tendance qui renvoie certainement à leur propre situation. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à avoir des difficultés à boucler leur fin de mois.

« 18 % des personnes interrogées vivent à découvert, ce sont des personnes qui travaillent et que l’on ne voyait pas avant. Souvent, ils ont honte de venir au Secours populaire car ils ont l’impression de prendre la place de ceux qui en ont le plus besoin », poursuit Houria Tareb.

Comme cette Toulousaine, victime d’un cancer, qui a poussé la porte de l’association il y a peu de temps. Du jour au lendemain, elle s’est retrouvée avec seulement 900 euros par mois pour vivre mais avec les mêmes traites à payer que lorsqu’elle était en activité. Or aujourd’hui, les Français considèrent qu’en dessous d’un revenu mensuel de 1.193 euros, une personne seule est pauvre. C’est 75 euros de plus que l’an dernier et c’est bien au-dessus du seuil de pauvreté établi par l’Insee qui est de 1.026 euros.

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