Sexisme : Chez les hommes, il va de pair avec l’amour pour la viande rouge

Plus un homme mange de la viande rouge plus il est sexiste ? À la suite de la polémique suscitée, fin août, par les propos de la députée écologiste, Sandrine Rousseau, associant barbecue et « symbole de virilité », l’Ifop a voulu en savoir plus sur le profil du « viandard ». Dans l’étude réalisée pour l’Observatoire « Darwin Nutrition » et que Le Parisien a publié ce mercredi, l’Ifop décrypte ainsi les rapports au genre des amateurs de viande.

Les réponses de l’échantillon de 2.000 hommes représentatifs de la population sont tellement saillantes que cette conclusion s’impose : les idées sexistes sont surreprésentées dans les rangs des « très viandards », comme ils se désignent eux-mêmes. « Nous avons rarement vu des résultats avec des écarts aussi marqués. Personnellement, je ne m’y attendais pas », s’étonne aussi François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualité de l’Institut.

À titre d’exemple, 21 % des hommes sont d’accord avec l’affirmation suivante : « Dans un couple, il est normal que la femme effectue plus d’activités ménagères que l’homme. » Le taux d’approbation grimpe en flèche à 47 % chez ceux qui consomment quotidiennement de la viande rouge. Quel que soit le stéréotype sexiste, les consommateurs quotidiens de viande rouge y souscrivent volontiers, et ce très loin devant les autres qui en mangent moins ou pas du tout.

De la viande rouge pour les hommes forts

A l’affirmation : « Pour la séduire, un homme doit pouvoir être libre d’importuner une femme qui lui plaît », 38 % des consommateurs quotidiens de bœuf ou de gibier acquiescent. Contre 18 % pour l’ensemble des Français.

Et sur ces hommes viandards, l’Ifop a dressé un portrait-robot de la majorité d’entre eux. Ils ont entre 25 et 49 ans, viennent des catégories populaires aux revenus modestes et se situent politiquement aux extrêmes (gauche ou droite). Catholiques pratiquants ou musulmans, ils revendiquent le monopole de la gestion du barbecue, rejettent le féminisme. Autre élément : la pratique de la chasse y est surreprésentée.

« Attention, quasiment tout le monde mange de la viande. Ce qui est interrogé ici c’est la fréquence de consommation et le type de viande. La volaille par exemple n’est pas typée culturellement », précise bien François Kraus. Et dans la tête de presque tous, l’homme à besoin de plus d’énergie. Et quoi de mieux que la viande rouge pour cela. Or, les hommes n’ont pas nécessairement besoin de manger plus de viande ou de protéines. Les recommandations alimentaires sont strictement identiques, à corpulence et activités physiques égales.