Service national universel : Les premiers volontaires repartent « changés » après douze jours de formation à Cannes

« C’est un peu comme quand on va dans le Nord, on pleure deux fois : quand on arrive et quand on part », plaisante Hubert Hougue, chef du centre du Service national universel (SNU) des Alpes-Maritimes, qui se déroulait au collège international de Cannes. Ce programme, mis en place par Edouard Philippe en 2019 pour succéder indirectement au service militaire, a réuni 131 jeunes de 15 à 17 ans, volontaires qui venaient principalement des Bouches-du-Rhône, de Seine-et-Marne et du Var. Vendredi, dernier des douze jours passés sur le site, une certaine émotion régnait lors des au revoir.

« Ils ont changé, ce ne sont pas les mêmes gamins, analyse Jérémy Crunchant, adjoint éducatif, qui encadrait les jeunes. Aujourd’hui, ils n’ont plus de mal à se réveiller à 6h30 du matin pour le lever du drapeau et chanter la Marseillaise ». Parce que oui, pendant ce séjour, les volontaires étaient là pour « apprendre les valeurs républicaines, renforcer la cohésion nationale et développer une culture de l’engagement ». Pas de téléphone durant la journée, tous en uniforme. Mais l’adjoint éducatif, également enseignant en BTS audiovisuel, précise : « Ce n’est ni le service militaire, ni le lycée, ni la colonie de vacances. Il faut savoir trouver un équilibre entre ces trois institutions en même temps pour le transmettre le bon message ».

Une formation reconnue et valorisée sur le CV

Tous les jours, du 21 juin au 2 juillet, les jeunes avaient des activités en lien avec les thèmes de la citoyenneté, la culture et le patrimoine, l’environnement, la défense et la sécurité, entre autres, et l’activité sportive en transversale. « En étant à Cannes, on a axé sur le cinéma et on a utilisé la pédagogie active en leur faisant réaliser leur propre court métrage. Le but est de leur donner des outils pour le début de leur vie de citoyen à travers nos modules », développe Jérémy Crunchant.

Les jeunes ont fait du krav maga, ont rencontré le directeur de la banque de France de Nice, discuté de la laïcité, du cyberharcèlement et des addictions. En plus, ils ont obtenu leur Journée de défense et de citoyenneté, le brevet de premiers secours, peuvent profiter de cours de Code de la route gratuits et ont développé des compétences informatiques reconnues, « c’est génial parce qu’on peut le mentionner sur le CV, c’est reconnu et valorisé », s’exclame Camille, 16 ans, une des volontaires. Pour elle, participer à ce séjour était un vrai atout. « Ça montre la discipline, il faut des règles et un cadre. Ce sera une bonne chose quand ce sera obligatoire pour tous les jeunes de 16 ans [à l’horizon 2024 selon le gouvernement] ».

Des futurs marins

La lycéenne, qui était « sûre de vouloir devenir professeur des écoles », est maintenant « en pleins doutes ». « Pourquoi pas m’engager dans la marine », se questionne-t-elle. En attendant, elle va intégrer en tant que bénévole la protection civile des Alpes-Maritimes.

En face d’elle, Maxime, qui vient du département d’à côté, est aussi devenu son meilleur ami. « Je ne pensais pas que j’arriverais à créer des liens, je pensais faire les activités et c’est tout », affirme le Varois de 16 ans. Il a adoré apprendre les différents corps de l’armée et rencontrer les professionnels. « Avant je ne savais pas trop ce que je voulais faire, maintenant je pense m’engager dans la marine ». Son père est aussi un marin.

Il est convaincu : « Le SNU est vraiment à faire, il faut le vivre et être acteur. Et c’est chouette d’être le pionnier de ce programme [en 2019, l’édition était une préfiguration et en 2020, l’événement a été annulé à cause du Covid-19]. Le diplôme qu’on a reçu est collector ! ». Les deux encadrants sourient. « On a l’impression d’avoir servi à quelque chose ».