Sécurité routière : Le nombre d’accidents aux passages à niveau en recul

« Un train peut en cacher un autre. » Le message, invitant à la vigilance et à ne pas repartir trop vite après le passage du dernier wagon, est bien connu. Mais si l’histoire ne dit pas à quel point le conseil influe, les chiffres sont clairs : le nombre d’accidents aux passages à niveau diminue fortement depuis plusieurs années, et même « de moitié en dix ans », souligne SNCF Réseau.

Si les statistiques de 2021 et surtout 2020 sont perturbées par le Covid-19, la tendance est claire. Le nombre de collisions est en repli : 260 en 1988 par exemple, 154 en 2015, 110 en 2019, 67 en 2020, 110 à nouveau en 2021. Il y a eu 13 décès en 2020 (9 dans les véhicules et 4 piétons) et 24 en 2021 (respectivement 5 et 19), alors qu’on déplorait une trentaine de morts en moyenne ces dernières années. « C’est très généralement un problème de Sécurité routière », indique-t-on chez SNCF Réseau.

Encore 146 passages à niveau « sensibles »

La France compte 15.000 passages à niveau, franchis chaque jour par 16 millions de véhicules. « Cela représente 300.000 fermetures de barrières par jour », indique SNCF Réseau, le gestionnaire public des voies ferrées françaises. Leur nombre a beaucoup baissé, puisqu’on comptait encore 25.000 passages à niveau en 1980. La plupart des barrières sont automatiques.

Plus des deux tiers se trouvent sur des voies communales. Le reste concerne surtout les routes départementales. Un certain nombre de passages à niveau sont jugés plus sensibles que d’autres. Un « programme de sécurisation national » recense ceux qui sont prioritaires. Il y en avait 497 quand le programme a été lancé en 1997, après un accident avec un camion-citerne ayant fait 13 morts et 43 blessés à Port-Sainte-Foy. La liste compte aujourd’hui encore 146 passages à niveaux dangereux, et les collectivités qui les gèrent mettent de plus en plus l’accent sur l’aménagement des abords.

« Des actions de quelques dizaines de milliers d’euros peuvent apporter une réelle amélioration de la sécurité », écrivait la députée des Pyrénées-Orientales Laurence Gayte dans un rapport de 2019. Alors que la construction d’un pont peut coûter entre 3 et 25 millions d’euros, une procédure longue exigeant études d’impact, enquête publique, etc. D’après la SNCF, 98 % des accidents sont dus au comportement des automobilistes ou des piétons, les 2 % restants étant dus à des actes de malveillance, des problèmes climatiques, ou encore des animaux.