Salon de Montreuil : Les dix coups de cœur littérature jeunesse de la plateforme « 20 Minutes Books »

Où trouve-t-on concentré au même endroit des centaines de milliers de livres pour les petits, pour les juniors, pour les ados ? Au Salon du livre de jeunesse de Montreuil qui ouvre ses portes ce mercredi (et jusqu’à lundi) sur le thème Désirs de mondes. « Ouvrir une fenêtre sur les perspectives que dessine cette littérature qui sait faire surgir des mondes inattendus, n’est-ce pas là une urgence absolue de notre temps pour offrir à nos enfants des futurs désirables ? », s’interroge la directrice Sylvie Vassallo dans le programme du salon. Face à ce défi, 280 auteurs et illustrateurs officiellement programmés et plusieurs milliers d’artistes invités pour répondre aux trois mille « temps de dédicaces » prévus. Et pour s’y retrouver parmi les 19.360 titres parus en 2021 sans retomber pour autant sur les seules meilleures ventes (Jack et la grande aventure du cochon de Noël de J. K. Rowling ou Le Prince cruel de Holly Black parmi les nouveautés ou les premiers Harry Potter pour les rééditions), 20 Minutes vous propose trois solutions…

1. Consulter le site Internet kibookin.fr lancé fin 2019 par le salon et dont l’ambition est d’aider les lecteurs à « ne manquer aucune bonne lecture » parmi les milliers de titres disponibles.

2. Attendre que le salon décerne ses Pépites (ce mercredi à 12h30), quatre prix pour un livre illustré, une BD, une fiction junior et une fiction ados, en plus de la Pépite d’or du meilleur livre de l’année, parmi 20 en compétition.

3. Suivre les recommandations des lecteurs contributeurs de notre plateforme littéraire qui a sélectionné, cette année, dix livres parmi les meilleurs de l’année, selon Anne-So Echos de Mots, notre spécialiste littérature jeunesse, et Christian Dorsan, un écrivain qui n’a rien perdu de son âme d’enfant.

Nos nouveautés illustrées préférées (de 6 à 11 ans)

1. 101 Façons de lire tout le temps de Timothée de Fombelle, ill. Benjamin Chaud (Gallimard Jeunesse). C’est le livre idéal pour se familiariser avec la lecture. « J’ai observé les postures des enfants qui lisent, tout ce qu’ils font de leurs corps quand ils basculent dans l’imaginaire », explique Timothée de Fombelle. « La descente de lit » qui bouquine le dos par terre mais les pieds relevés sur son lit, « le toboggan » toujours les pieds relevés mais à plat ventre par terre, « la serpillière enroulée » en boule sous une table, ou encore « le tas » d’enfants imbriqués les uns aux autres. A chaque situation, une illustration de Benjamin Chaud cocasse, amusante, familière.

2. Jefferson fait de son mieux de Jean-Claude Mourlevat, ill. Antoine Ronzon (Gallimard Jeunesse). Après un excellent premier tome, l’auteur redonne vie à Jefferson le hérisson qui va cette fois tenter de sauver Simone, la solitaire et timide lapine rencontrée dans l’opus précédent. « Les aventures de ce hérisson courageux, souligne Anne-So Echos de Mots, sont d’accessibles polars, originaux et très drôles, véhiculant des observations pertinentes sur des sujets graves tels que la cruauté animale, l’embrigadement des plus vulnérables ou encore le deuil. » Notre lectrice adore cette façon d’adopter « le point de vue animal pour dénoncer la bêtise humaine » auprès des plus jeunes lecteurs. »

3. Que fait-on quand il pleut de Ralph Doumit, ill. Julia Wauters (Hélium). Un livre en forme de jeu de piste pour un oiseau migrateur qui ne s’est pas réveillé comme ses congénères le jour du départ. « C’est amusant de le voir ainsi se retrouver étranger dans une ville qu’il connaît, mais dont il n’a pas les codes pendant la saison hivernale, et qui va rencontrer tout un monde qu’il ne soupçonnait pas : un bibliothécaire passionné, un chat voyou, des jardiniers responsables. « Comment aborder la nouveauté, la différence, un changement dans la vie, tous ces thèmes sont abordés avec une imagination réjouissance », s’amuse notre lecteur Christian Dorsan, écrivain lui aussi.

4. Merci pour la tendresse de Myren Duval, ill. Emma Constant (Le Rouergue). Parce que dans la vraie vie, il n’y a pas que les enfants qui peuvent tomber malades, mais aussi leurs parents, voici un livre sur la dépression d’une maman joliment prise en charge par sa jeune fille avec l’aide de sa tante qui prend auprès d’elle le relais de la mère. « Myren Duval nous fait partager avec beaucoup d’humour et vivacité, les échanges entre Doudou et sa Tata, souligne Christian Dorsan qui a lu ce livre avec sérieux et amusement, « car derrière toute cette énergie que peuvent déployer des enfants pour s’occuper des adultes et en prendre soin, se cache une immense tendresse. »

5. Les Femmes artistes vues par une ado et par sa sœur d’Alice Brière-Haquet et Appoline Haquet, ill. Mélody Denturk (Poulpe Fictions). Deux sœurs visitent le Musée d’Orsay lors d’une sortie scolaire et s’étonnent de voir « une femme à poil entre deux types en costumes » sur la toile de Monet Le déjeuner sur l’herbe. Et pourquoi peu d’œuvres sont-elles signées de femmes ? Auraient-elles créé moins que les hommes ? Filles d’un antiquaire et d’une restauratrice d’art, les deux sœurs en question sont devenues les autrices d’un livre « qui nous fait découvrir leur passion de manière engagée, ludique et pétillante. Un plaisir à découvrir ! », s’exclame Anne-So Echos de Mots.

Nos nouveautés pour ado préférées (de 12 à 17 ans)

1. Tokyo Forever d’Emiko Jean (Nathan). Tous les codes de la culture japonaise dans une romance pour ados, avec choc des cultures en prime. Une jeune Américaine d’origine japonaise se découvre la fille du prince héritier du Japon. Et voilà cette adolescente qui a toujours eu du mal à trouver sa place et qui se pose beaucoup de questions sur son identité, bien partie pour le rencontrer. « C’est un véritable bonbon littéraire, s’exclame Anne-So Echos de Mots, une romance addictive au parfum d’interdit, où la quête de la jeune héroïne se révèle dépaysante à souhait. Bref, une histoire légère à dévorer pour se faire plaisir à tout âge ! »

2. Bleue comme l’été de Marie Lenne-Fouquet (Sarbacane). C’est le roman à lire en vacances avec son héroïne qui, après une série de désillusions, va suivre un surfeur au cours d’un été afin de le photographier pour ses réseaux sociaux. « Je me suis retrouvée à tout lire d’un coup, incapable de reposer une lecture si fraîche, si drôle et si bien écrite », raconte Anne-So Echos de Mots. L’autrice jongle avec talent entre les insécurités et les angoisses de son héroïne, les tranches de rigolade entre copines, les cœurs brisés et les rencontres qui changent une vie. « On oublie que les personnages ne sont que de papier et on pourrait presque sentir l’iode et le soleil sur leurs peaux. »

3. L’Ecole de Minuit de Maëlle Desard (Rageot). Simeon, mi-vampire, mi-humain de 15 ans dont les canines ne semblent pas décidées à pousser, s’apprête à faire sa première rentrée à L’Ecole de Minuit, mais voilà que des élèves disparaissent. « J’aime beaucoup la plume de cette autrice de fantasy, drôle et bourrée de punchlines décapantes, assure Anne-So Echos de Mots. Ici, les élèves, minotaures, vampires, liches, sirènes ou encore loups-garous ne sont pas étrangers aux problématiques rencontrées par les humains et des thèmes tels que la grossophobie, la xénophobie ou le harcèlement sont subtilement amenés sans que le roman ne perde une goutte de son humour. »

4. Les Eblouis d’Aylin Manco (Sarbacane). A une histoire d’adolescents réunis dans un internat, se mêlent romance, espoir, douleur et horreur… lorsque lesdits adolescents se découvrent de superpouvoirs qu’ils ne sauront pas maîtriser. « Les Eblouis fait partie de ces romans qui remuent les tripes et se gravent à jamais dans l’esprit d’un lecteur, souligne Anne-So Echos de Mots. Voici un ovni littéraire aux accents fantastiques sans tabou et sans filtre, peuplé de héros qui explorent leur sexualité, la puissance de leur amitié et la dévastation de la solitude. L’autrice surprend et se démarque avec sa plume incroyablement incisive et son univers tantôt lumineux, tantôt délicieusement macabre ».

5. Bienvenue dans l’anthropocène de John Green (Gallimard). Pour les fans de Nos étoiles contraires (paru en 2012 et toujours 16e meilleure vente), ce livre, qui n’est pas une fiction, mais plutôt une somme de réflexions de l’auteur sortie en début d’année est un must. « Les thèmes sont variés et peuvent être sombres comme parfaitement absurdes, écrit Anne-So Echos de Mots. Mais quel que soit le sujet, John Green parvient, en quelques pages, à captiver et impliquer le lecteur. Du coronavirus aux couchers de soleil, en passant par les pingouins de Madagascar, les ours en peluche ou la méningite virale, ses 44 chroniques drôles, sensibles et fines, se succèdent sans se ressembler. »