France

Salaires à la Cour des comptes, Banque de France et Conseil d’État.

Amélie de Montchalin a pris son poste de première présidente de la Cour des comptes ce lundi. Selon une étude de l’Insee réalisée en 2019, les 1 % des salaires les plus élevés dans le privé sont supérieurs de 30 % au montant des 1 % les plus élevés du public.


Alors qu’Amélie de Montchalin, ancienne ministre des Comptes publics, a pris ses fonctions de première présidente de la Cour des comptes ce lundi, 20 Minutes s’intéresse aux salaires des hauts fonctionnaires dans plusieurs institutions, à savoir la Cour des comptes, le Conseil d’Etat et la Banque de France.

La Banque de France publie la rémunération de son gouverneur dans son rapport annuel, tandis que les salaires des dirigeants des deux autres institutions reposent sur une grille indiciaire, une valeur du point d’indice et des indemnités pouvant varier selon les compétences, les parcours et l’ancienneté des personnes.

Plus de 30.000 euros par mois à la Banque de France

Suite à l’annonce par François Villeroy de Galhau de son départ en fin d’année de ses fonctions de gouverneur de la Banque de France, le poste se libère. Depuis 2016, l’institution publie la rémunération de son dirigeant dans son rapport d’activité « dans un souci de transparence et par alignement sur les meilleures pratiques internationales ». Le dernier rapport disponible, datant de 2024, fait état d’une rémunération brute annuelle totale du gouverneur de 310.678 euros, à laquelle s’ajoute « une indemnité logement brute de 6.399 euros par mois, imposable ». Le salaire mensuel total atteint donc 32.288 euros. Ces dispositions sont fondées sur l’article R. 142‑19 du Code monétaire et financier.

Entre 12.000 et 16.000 euros mensuels dans les autres institutions

Il est compliqué d’estimer la rémunération précise du président de la Cour des Comptes ou du Conseil d’Etat à cause des variables en jeu. En se basant sur la grille indiciaire officielle (indice brut 2.100) établie par le décret n° 2023-482 du 21 juin 2023 et la valeur actuelle du point d’indice (4,92 euros), on arrive à un salaire mensuel autour de 10.332 euros.

Pour Amélie de Montchalin, il faut ajouter 23.114 euros annuels pour les frais de représentation, fixés par arrêté. On obtient alors 12.258 euros, en tenant compte que cette indemnité est « actualisée sur la base de l’évolution de la valeur du point indiciaire de la fonction publique » et exclut d’autres indemnités. Dans un article de septembre 2025, La Lettre indiquait que son prédécesseur, Pierre Moscovici, touchait environ 14.500 euros net.

Le même calcul (indice brut 2.100 avec 4,92 euros de point d’indice) est applicable au vice-président du Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative. Néanmoins, le montant de l’indemnité de fonction varie selon les individus et n’est pas publié de manière transparente. « Le montant de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d’expertise requis dans l’exercice des fonctions », selon le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014. Un article publié en janvier 2018 par le Magazine Challenges évaluait le salaire du vice-président du Conseil d’Etat à 16.170 euros net.

Bien que les montants des traitements de ces hauts fonctionnaires puissent sembler élevés, il est important de noter que les 1 % des salaires les plus élevés dans le secteur privé sont supérieurs de 30 % à ceux des 1 % les plus élevés du secteur public, d’après une étude de l’Insee réalisée en 2019.