Saint-Valentin : « Aujourd’hui on est mariés et on a trois enfants »… Ils ont trouvé l’amour au premier swipe sur une appli de rencontre

Scroller, swiper, matcher. Quand on parle de rencontres en ligne, il faut en maîtriser le langage, les codes et accepter de se soumettre aux algorithmes des différentes applis qui vous promettent de trouver l’amour, le vrai, celui qui dure toujours.

Pour les romantiques idéalistes, pas facile d’aller fureter dans ces grands supermarchés virtuels de l’amour (surtout si vous avez regardé L’arnaqueur de Tinder 
sur Netflix !). Pourtant, certains de nos lecteurs et lectrices au départ réfractaires se sont finalement inscrits sur une appli de rencontre. Et à leur plus grande surprise, ça a matché. A l’occasion ce lundi de la Saint-Valentin, des amoureux racontent à 20 Minutes comment ils ont trouvé l’amour au premier swipe.

« C’est le seul à qui j’ai jamais répondu »

Son inscription, Zazou, 32 ans, l’a faite à reculons. « Je n’aimais pas l’idée de chercher un homme en swipant, en jugeant sur une photo, comme on choisirait un morceau de viande. D’ailleurs, sur mon profil, j’avais mis une photo floutée et une description très brève, et je ne répondais à aucun like. Jusqu’à ce fameux matin où, pour le boulot, je devais aller à 200 km de chez moi, dans une ville que n’aime pas. Il m’envoie un message, et je découvre le profil de cet homme mignon, élégant et sportif. Je lui réponds, c’est le seul à qui j’ai jamais répondu ! Je lui demande d’où il est, et il me dit qu’il habite précisément dans cette ville ! C’était le destin ! On n’a pas arrêté de discuter, et une semaine plus tard, il m’a invitée au restaurant, on a eu un coup de foudre. Aujourd’hui, on veut se marier et s’installer ensemble. »

En pratique, « ce côté « supermarché », on ne peut pas vraiment y échapper : ces critères, c’est la première chose qu’on voit de la personne », décrypte Camille Rochet, psychothérapeute et auteure de l’ouvrage Les 5 croyances qui empêchent d’être heureux en couple (éd. Larousse). Aujourd’hui encore, « ces applis sont une source d’a priori négatifs, surtout pour les femmes : swiper, réduire la personne à une liste de critères et une photo peut être rédhibitoire, confirme Véronique Kohn, psychothérapeute et auteure de Quel(s) amoureux êtes-vous ? (éd. Tchou). Dans notre société consumériste, on se retrouve soi-même placé au rang d’objet consommable, et beaucoup ne sont pas à l’aise avec cette notion ».

« Il n’avait pas le profil d’un type qui joue avec les femmes »

Alors, à chacune son petit truc pour ne pas avoir l’impression d’aller chasser son bifteck amoureux. A l’instar de Muriel, 62 ans, qui se souvient parfaitement de ce qu’elle faisait il y a sept ans jour pour jour : « Je me suis inscrite sur UnDeuxToi le 14 février 2015. C’était ma première fois sur un site de rencontre, j’étais très méfiante, donc très exigeante. Quand j’ai vu sa photo, il ne souriait pas, et bizarrement, ça m’a attirée : je me disais qu’il n’avait pas le profil d’un type qui joue avec les femmes sur les sites de rencontre ».

Car une simple image en dit beaucoup. « On est incarné par un corps, rappelle Camille Rochet. Quelqu’un qui choisit un cliché très simple pour se présenter plutôt qu’une photo sexy renvoie l’image d’une personne qui n’est pas dans la mise en scène de soi et qui cherche à séduire à tout prix. C’est rassurant, et finalement, c’est séduisant. »

D’ailleurs, ce qui a séduit Juliette chez Romain, « c’est son humour. Plutôt que le banal « Salut ça va ? », son premier message disait : « Hey, tu savais que les loutres de mer se tiennent par la main quand elles dorment pour éviter de se perdre ? », se souvient la jeune femme de 30 ans. C’était tellement original et mignon, je suis aussitôt tombée sous le charme. » Et pour les tourtereaux, tout s’est enchaîné très vite : « Au bout d’un mois on emménageait ensemble, on s’est mariés le jour de notre deuxième anniversaire de rencontre, on a construit notre maison et là, je vais accoucher d’un jour à l’autre de notre premier enfant ! » De son côté, Muriel ne regrette pas non plus de s’être lancée. « Je l’ai contacté au bout d’une semaine, on s’est vus quelques jours plus tard et aujourd’hui nous sommes mariés et très heureux. »

« J’étais beaucoup trop timide pour faire des rencontres dans la vraie vie »

Et quand on est timide, faire connaissance par écran interposé peut aider à se sentir en confiance. Comme Artémis, 28 ans, qui a rencontré celui qui est devenu son mari sur Adopte un mec. « C’est l’un des premiers à m’avoir contactée, j’avais 19 ans et j’étais beaucoup trop timide pour faire des rencontres dans la vraie vie. Echanger d’abord par messages me rassurait, et quand on s’est vus, le coup de cœur s’est confirmé. Neuf ans plus tard, je suis enceinte de jumeaux ! » Comme elle, Céline, 36 ans, a trouvé l’amour du premier coup, et même le premier jour. « Je me suis inscrite sur Meetic le 19 juin 2011, le soir même, je discutais avec lui, je suis tout de suite tombée amoureuse et je lui ai donné mon numéro. Aujourd’hui, nous sommes mariés et avons deux enfants. Tout ça en une seule soirée sur Meetic ! »

Noémie, elle, a davantage pris son temps avant de voir son match. « Il était militaire au Mali, on a passé tout l’été à s’écrire sur Adopte un mec. Ça m’arrangeait qu’il soit loin : je ne me sentais pas prête à voir quelqu’un « en vrai » si vite, admet la jeune femme de 29 ans. Il n’est rentré en France que quatre mois plus tard, il est venu me voir le jour de son retour et le coup de foudre a été instantané, confirmant notre complicité. Trois ans et demi plus tard, c’est toujours l’amour fou. »

Si Noémie avait l’excuse de la distance, « je conseille toujours de ne pas trop tarder avant de se voir en vrai, explique Camille Rochet. Si on est timide ou que l’on se remet d’une rupture, c’est confortable de se lancer derrière un écran. Mais le feeling ne se confirme pas toujours dans la réalité et on tombe parfois sur des personnes qui cherchent seulement à se « narcissiser », à flatter leur ego mais qui fuient quand il s’agit de concrétiser la rencontre », prévient-elle. Ainsi, « si le virtuel à l’avantage de désinhiber dans un premier temps, freiner la rencontre réelle, c’est risquer d’être déçu si l’étincelle n’est pas au rendez-vous. Le réel confronte le fantasme, d’où l’intérêt de ne pas perdre de temps », confirme Véronique Kohn. « Je conseille même de voir rapidement l’entourage de son coup de cœur, renchérit Camille Rochet. Il ne s’agit pas de rencontrer sa mère au bout de trois rendez-vous, mais de voir ses amis, son environnement, de s’assurer qu’on a des points communs et que l’on n’a pas affaire à une personne mariée ! »

Le petit coup de pouce aux « voisins de balcon »

Les applis peuvent aussi donner un petit coup de pouce au destin. Quand Hélène, 29 ans, a quitté Paris pour Nantes sur un coup de tête, elle s’est vite inscrite sur Tinder. Et son premier match lui a réservé une surprise : « On s’est rendu compte que nous étions voisins de balcon ! On a échangé notre premier regard depuis nos perchoirs respectifs, avant d’aller prendre un verre et finir la nuit ensemble. Deux ans et demi plus tard, on vit ensemble, on a un chat et le projet de fonder une famille. Tinder, je n’y croyais pas, mais ça a marché ! » Pour Anthony, 27 ans, c’est Happn qui a marché. « L’appli géolocalise les personnes inscrites autour de vous. On a matché, et l’amour de ma vie vivait en fait à 100 mètres de chez moi, on s’était probablement croisés plein de fois sans le savoir ! Après notre premier rendez-vous, je suis allé la retrouver chaque soir, puis j’ai emménagé chez elle et on a adopté un chien. Aujourd’hui on a un fils, qui va bientôt être grand frère ! »

Lydie, elle, a retrouvé quelqu’un qu’elle connaissait depuis toujours. « Enfants, nous habitions le même immeuble et en CM1, nous étions côte à côte sur la photo de classe ! Mais trop timides, nous ne nous étions jamais parlé. En 2013, je l’ai mis dans mon panier, ç’a été une évidence ! On a emménagé ensemble au bout de trois mois, on s’est pacsés au bout de six et au septième mois nous attendions un bébé. Aujourd’hui nous sommes mariés et heureux parents de trois enfants. Et nous signons notre promesse d’achat ce 14 février ! »

« Dans la vraie vie, ce n’est pas évident d’élargir son réseau », souligne Camille Rochet. Et « quand on travaille plus, qu’on sort moins, et qu’on est à un moment de notre vie où l’on a envie d’être en couple, les applis sont des facilitateurs de rencontre, observe Véronique Kohn. C’est un cercle de rencontre supplémentaire, en plus du travail et du cadre amical. Mais l’important pour bien vivre cette expérience, c’est de ne pas être dans l’obligation de résultat où l’on « doit » trouver l’amour. Si ça matche, tant mieux, sinon, il faut avoir le recul pour se dire que ce n’est pas grave ». Et que l’amour sera peut-être au prochain swipe.