Saint-Malo : Trois ans après la mort d’Allan au commissariat, sa famille n’a pas de réponse

Une marche blanche a été organisée mercredi à Saint-Malo pour rendre hommage à Allan Lambin. Le 9 février 2019, ce jeune homme de 19 ans était mort dans une cellule du commissariat de police de la cité corsaire. Trois ans après, sa famille attend toujours de savoir ce qui a pu causer le décès du jeune homme. Son père, qui était dans la cellule voisine le soir de la mort d’Allan, avait porté plainte. Il attend de connaître les raisons du décès de son fils. Mais le dossier semble figé.

Cette nuit de février, Allan Lambin avait bu. Lorsqu’il a pris le volant de sa voiture pour rentrer au camping de Dinard (Ille-et-Vilaine) où il devait passer la nuit, il avait fini au fossé. Les policiers l’avaient emmené au terme d’une « interpellation compliquée » comme l’évoquait la procureure de la République. Allan avait été vu par un médecin vers 22h40. Il avait été retrouvé inanimé quelques heures plus tard avant que son décès ne soit prononcé.

L’autopsie avait révélé une hémorragie au niveau du thorax et une mort par asphyxie, selon l’avocate de la famille. « Allan aurait fait un malaise en cellule. Tombé à genoux, il n’aurait pas eu le réflexe de relever la tête et se serait étouffé », avait expliqué Me Hélène Laudic-Baron. « Mais le magistrat instructeur a reconnu qu’aucun élément médical ne permettait de déterminer la cause du malaise ». Selon elle, « plusieurs témoins entendus par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) affirment avoir vu Allan plaqué au sol par les policiers avec un genou sur le thorax et l’entendre crier ». Une description qui pourrait correspondre au «plaquage ventral» mis en cause dans la mort de Cédric Chouviat, mort en 2020 après un contrôle de police.

Une contre-expertise très attendue

Pour tenter de faire la lumière sur ce dossier compliqué, une contre-expertise avait été ordonnée. D’après France Bleu, les conclusions auraient dû être rendues avant le 31 décembre. Mais la famille d’Allan attend toujours. La plainte pour faux déposée par l’avocate n’a pas non plus abouti. Son père a déposé une gerbe de fleurs mercredi devant le commissariat, comme pour rappeler qu’il ne lâchera pas.