Saclay : LVMH renonce à voisiner avec Polytechnique

Le projet avait soulevé l’opposition d’élèves et d’anciens élèves de Polytechnique qui accusaient leur école de se vendre aux intérêts privés. Le numéro un mondial du luxe LVMH n’installera finalement pas son centre de recherche à proximité de la plus prestigieuse des écoles d’ingénieurs françaises. « LVMH fait le choix de s’orienter vers un terrain situé en dehors du plateau de Saclay », a annoncé sobrement dans un communiqué l’Ecole Polytechnique qui « prend acte de la décision ». Le partenariat de recherche de deux millions d’euros par an pendant cinq ans n’est toutefois pas remis en cause.

LVMH a confirmé à l’AFP s’orienter « vers un terrain en dehors du plateau de Saclay pour l’installation de [son] centre de recherche », sans en préciser la localisation. Le projet du numéro un mondial du luxe, baptisé LVMH Gaia, doit regrouper à terme 300 chercheurs sur une surface de 22.500 m², selon le groupe qui entend investir plus de 100 millions d’euros dans le futur bâtiment.

Total avait déjà échoué

Annoncé en juillet, le projet de LVMH sur le plateau de Saclay avait suscité une bronca d’élèves et anciens élèves de l’X regroupés au sein du collectif « Polytechnique n’est pas à vendre ! ». Celui-ci a déclaré lundi « se réjouir » de la décision de LVMH dans un communiqué cosigné avec la Sphinx, association d’élèves et d’anciens élèves de Polytechnique. « La question de l’avenir des terrains demeure ouverte et les associations restent mobilisées pour que l’établissement revoie sa stratégie foncière », ajoute les auteurs du communiqué.

« Un an après Total, le renoncement de LVMH entérine l’échec de la stratégie consistant à vendre à la découpe les terrains du campus à des grands groupes. Il est urgent de réfléchir collectivement à un autre avenir pour ces terrains », insiste Thomas Vezin, secrétaire général de la Sphinx, cité dans le communiqué. L’an dernier déjà, TotalEnergies avait renoncé à implanter son nouveau pôle de recherche et développement sur un autre terrain situé à proximité de Polytechnique, après une première mobilisation d’enseignants et d’élèves opposés au projet.

Concernant LVMH, malgré les oppositions au projet de Bernard Arnault, lui-même polytechnicien, le conseil d’administration de l’école avait validé la vente du terrain en novembre par 19 voix pour, 4 contre et une abstention. L’Ecole et l’Institut Polytechnique de Paris indiquent vouloir continuer de « développer le parc d’innovation destiné à accueillir des activités de recherche et d’innovation », où devaient s’installer Total et LVMH, en « commençant par l’instruction en cours d’un projet de bâtiment partagé de recherche ».