Russie : Le nom du nouveau Premier ministre russe choisi par Poutine en débat au Parlement

La Douma, chambre basse du Parlement russe, à Moscou, le 22 avril 2014 — Yuri Kadobnov AFP

Après la démission surprise du gouvernement russe mercredi, le Parlement doit approuver la nomination du premier ministre choisi par Vladimir Poutine, Mikhaïl Michoustine. Ce patron du fisc russe a déjà été adoubé au poste de chef du gouvernement par le parti pro-pouvoir Russie unie.

Sa validation par la Douma (le Parlement russe) est une formalité, puisque la chambre est totalement contrôlée par des forces pro-Poutine. Cette décision devrait donc être exécutée rapidement, au regard du rythme des changements impulsés par Vladimir Poutine depuis ses annonces de la veille qui ont pris de court l’ensemble de la classe politique et des médias russes.

Hockey sur glace et numérisation

Ces dernières sont perçues comme visant à baliser le terrain avant 2024, date de la fin du mandat actuel de Vladimir Poutine qui, en l’état actuel de la législation, n’a pas le droit de se représenter. Le président a choisi comme remplaçant à son fidèle Premier ministre sortant, Dmitri Medvedev, un personnage de l’ombre, Mikhaïl Michoustine, inconnu du grand public.

Ce Moscovite de 53 ans est un ingénieur de formation qui a suivi une longue carrière de haut fonctionnaire dans plusieurs agences gouvernementales avant de prendre la tête d’un fonds d’investissement puis en 2010 du service des impôts, qu’il a transformé en profondeur. Apprécié de Vladimir Poutine, fan comme lui de hockey sur glace, c’est un chantre d’une modernisation et de la numérisation de la Russie.

Un groupe de travail doit se réunir

Homme chauve au visage épais qui s’est forgé la réputation d’être un haut fonctionnaire efficace, Mikhaïl Michoustine n’a fait depuis sa désignation mercredi soir aucune déclaration publique, le Kremlin ne diffusant que des photos de l’intéressé en costume sombre, en tête-à-tête avec Vladimir Poutine. Cette annonce est intervenue après la démission surprise du gouvernement, dans la foulée d’un discours de Vladimir Poutine annonçant une réforme de la Constitution qui doit accorder plus de pouvoirs au Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système qu’il pilote depuis 20 ans.

Sans perdre de temps, un groupe de travail chargé de préparer ces changements constitutionnels se réunira jeudi. Parmi les 70 personnalités qui le composent, figurent quelques noms surprenants comme l’écrivain Zakhar Prilépine, connu pour avoir combattu dans l’est de l’Ukraine, ou la star du saut à la perche Elena Isinbayeva.

L’ex-Premier ministre Dmitri Medvedev restera lui le président du parti, signe que ce fidèle parmi les fidèles du chef de l’Etat n’est pas mis au ban du système. Son départ intervient alors que l’ex-Premier ministre stagnait à 30-35 % de popularité – contre près de 70 % pour Vladimir Poutine – sur fond d’anémie économique et de niveau de vie en baisse. Le Kremlin a fait aussi face cet été au plus grand mouvement de contestation, vivement réprimé, depuis le retour en 2012 de Vladimir Poutine à la présidence. Les candidats du pouvoir ont essuyé dans la foulée un camouflet aux élections locales à Moscou.

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