Russie : La progression de la pollution au carburant dans l’Arctique russe a été « stoppée », selon les autorités

Russie : Une grave pollution au diesel sévit en Arctique — 20 Minutes

En Russie, un barrage flottant a été mis en place pour contenir une pollution massive aux hydrocarbures. Et c’est un succès, selon le ministère des Situations d’urgence, qui indique que la progression de ce polluant a été « stoppée ».

« La progression des hydrocarbures a été stoppée. Ils ne vont plus nulle part » grâce au déploiement d’un barrage de confinement flottant, a confirmé à l’AFP un représentant du ministère, ajoutant que le pompage du carburant avait commencé. « Des efforts sont faits pour éliminer la pollution », a poursuivi cette source. Il n’était pas en mesure de dire si la progression du carburant a été stoppée sur la rivière Ambarnaïa ou sur le lac Piassino, ce qui serait beaucoup plus grave car ses eaux s’écoulent dans le fleuve du même nom, très important pour la région.

Des opérations de secours toujours en cours

L’un des réservoirs de diesel d’une centrale thermique appartenant à une filiale du géant minier Norilsk Nickel s’est effondré la semaine dernière, provoquant une fuite de 20.000 tonnes d’hydrocarbures. Cette pollution est considérée par les organisations écologiques comme le pire accident écologique dû aux hydrocarbures dans la région et les secours sont à pied d’œuvre pour tenter de limiter les dégâts, dans un contexte rendu compliqué par les difficultés d’accès au site et la faible profondeur de la rivière, qui empêche les opérations en bateau.

Le président russe Vladimir Poutine est par ailleurs monté au créneau mercredi, décrétant un état d’urgence et tançant publiquement des responsables locaux, notamment le président de la filiale de Norilsk Nickel, qui aurait tardé à réagir. L’entreprise a nié toute défaillance.

Contrôle des infrastructures à risque dans toute la région

Vendredi, le ministre des Situations d’urgence s’est rendu sur place pour suivre le déroulement des opérations de secours. Dans un communiqué, le ministère a assuré que « 200 tonnes de carburant et de lubrifiants ont été collectées » jusqu’à présent.

Selon Norilsk Nickel, le réservoir a été endommagé quand les piliers enfoncés dans le permafrost qui le soutenaient « depuis 30 ans » ont commencé à s’effondrer. Le dégel du sous-sol fait figure de cause possible de cette catastrophe qualifiée de sans précédent dans la région par les autorités. Le pergélisol ou permafrost est le sous-sol gelé toute l’année de l’Arctique et de Sibérie. Sa fonte sous les effets du changement climatique​ est considérée en Russie comme un défi majeur car elle fragilise toutes les villes et les infrastructures, notamment minières, gazières et pétrolières, bâties depuis des décennies dessus.

En conséquence, la Russie a ordonné la révision de toutes les infrastructures à risque bâties sur le permafrost. « Afin de ne pas répéter de telles situations impliquant des infrastructures à risque se trouvant sur des zones de pergélisol sujets à la fonte, le procureur général de Russie Igor Krasnov a ordonné (…) des vérifications en profondeurs des infrastructures concernées », a indiqué le Parquet dans un communiqué.

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