Russie : Guerre en Ukraine et conflit syrien au programme de la visite d’Erdogan à Poutine

Après la signature d’un accord sur les exportations de céréale entre l’Ukraine et la Russie, la Turquie remportera-t-elle un succès diplomatique. Le président turc Recep Tayyip Erdogan rend visite à Vladimir Poutine. Les deux présidents se retrouvent à Sotchi sur la mer Noire. Au menu : la guerre en Ukraine. La Turquie veut tenter d’obtenir l’ouverture de négociations en vue d’une trêve, entre le président russe et l’Ukrainien, Volodymyr Zelensky, si possible à Istanbul.

« Nous avons discuté (pour voir) si l’accord sur les céréales pouvait être l’occasion d’un cessez-le-feu durable », a déclaré mercredi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu après une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov en Asie.

Désaccord en Syrie et drones

Sauf que ces efforts sont compliqués par les menaces répétées d’Ankara d’opération militaire en Syrie, où les intérêts russes et turcs s’entrechoquent. Moscou a largement soutenu le président syrien Bachar al-Assad face à des groupes soutenus en partie par la Turquie. Aujourd’hui, Erdogan veut de nouveau traverser la frontière pour établir une zone de sécurité dans une région où patrouillent déjà les troupes russes et leurs affidés, mais d’où il veut chasser les groupes kurdes qu’il considère comme des « terroristes ».

A Téhéran, le mois dernier, il a été clairement mis en garde par le président russe contre toute nouvelle opération militaire en Syrie visant à repousser les combattants kurdes du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan et ses alliés. « Il est probable que la réunion (de vendredi) portera sur une éventuelle incursion en Syrie, pour laquelle la Turquie n’a pas obtenu le feu vert de la Russie ou de l’Iran », remarque le spécialiste en relations internationales Soli Ozel, de l’Université Has d’Istanbul. « La Russie devrait obtenir quelque chose en retour », estime-t-il.

Pour certains médias turcs, cette « chose en retour » que souhaite Vladimir Poutine, ce sont des drones de combats Bayraktar-TB2 qu’Ankara a fournis à l’Ukraine et dont l’efficacité a été prouvée face aux chars russes. Si un responsable turc assure que le président Erdogan plaisantait lorsqu’il a rapporté à son retour de Téhéran une demande de Poutine en ce sens, le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov a de son côté assuré que « la coopération militaire et technologique figure toujours à l’agenda des deux pays ».