Russie : « 2022 s’est avérée très, très difficile » pour le patron du géant russe Gazprom

« Je tiens à souligner tout de suite que 2022, bien sûr, s’est avérée très, très difficile ». Ces mots ont été prononcés par le patron du géant gazier russe Gazprom, Alexeï Miller, mercredi lors d’une conférence de presse.

Marquée par un changement de stratégie important, les exportations se tournant vers l’Asie en pleine crise entre Moscou et les Occidentaux, la firme a vécu « des changements radicaux sur les marchés de l’énergie », explique l’oligarque russe. Ces derniers ont été entraînés par les conséquences des sanctions internationales contre Moscou en représailles de son intervention militaire chez son voisin ukrainien.

Baisse des exportations de gaz

En 2021, la Russie était, via Gazprom, le premier exportateur mondial de gaz et le premier fournisseur de gaz de l’Union européenne, mais les 27 pays membres de l’UE ont depuis largement réduit leurs importations, à hauteur de moins de 10 % de tout leur gaz importé, selon Bruxelles.

Sur l’ensemble de l’année 2022, Gazprom, détenu majoritairement par l’Etat russe, « a extrait 412,6 milliards de mètres cubes de gaz », dont un peu plus de 100 milliards de m3 destinés à l’export, a indiqué Alexeï Miller. C’est un niveau plus faible qu’en 2021.

Dans un communiqué publié le 1er décembre, Gazprom avait annoncé avoir extrait « 376,9 milliards de m3 de gaz » entre janvier et novembre 2022, soit près de 20 % de moins que sur la même période de l’année précédente.

Les exportations vers les pays hors-CEI (la Communauté des Etats indépendants, qui rassemble plusieurs pays de l’ex-URSS) ont également baissé de 44,5 % par rapport à la même période en 2021, à 95,2 milliards de m3.

Alexeï Miller s’est par ailleurs réjoui mercredi de l’inauguration le 21 décembre du champ gazier de Kovykta, un vaste gisement situé en Sibérie qui doit permettre d’augmenter sensiblement les exportations vers la Chine et acté le passage à l’Est de l’économie russe.