Royaume-Uni : Un ministre démissionne après des accusations de harcèlement et comportements « immoraux »

Pas encore totalement en poste et déjà dehors. Gavin Williamson, ministre d’Etat sans portefeuille du nouveau gouvernement de Rishi Sunak, a annoncé sa démission. « Comme vous le savez, il y a une procédure de plainte en cours concernant les messages que j’ai envoyés à une collègue », a-t-il expliqué dans une lettre au Premier ministre publiée sur Twitter. « D’autres accusations ont été proférées » et « elles deviennent une distraction pour le bon travail de ce gouvernement », a-t-il ajouté avant d’annoncer qu’il se retirait.

Sa démission, la première du nouveau gouvernement conservateur formé il y a deux semaines, intervient après une série de révélations concernant des messages d’insultes et de menaces qu’il aurait envoyés. Il aurait notamment insulté par mail l’ancienne « whip » (chargée de la discipline des députés conservateurs) Wendy Morton pour se plaindre de ne pas avoir été invité aux funérailles d’Elizabeth II. D’autres l’accusent de harcèlement quand il était au ministère de la Défense et de comportements « immoraux » quand il était lui-même « whip ». Selon son ancienne whip adjointe Anne Milton, il aurait notamment utilisé les difficultés financières d’un député comme moyen de pression.

Déjà viré deux fois

Qualifiant ses comportements de « non éthiques et immoraux », Anne Milton a affirmé sur la chaîne Channel 4 qu’elle avait eue « l’impression [que Gavin Williamson] aimait les potins salaces et qu’il les utilisait comme moyen de pression si besoin ». Selon d’autres accusateurs, Gavin Williamson auraient eu des propos violents à l’encontre d’un fonctionnaire quand il était au ministère de la Défense, lui disant de se « trancher la gorge » et de « se jeter par la fenêtre ». Les services du Premier ministre, le parti conservateur et la commission en charge du harcèlement au Parlement ont ouvert des enquêtes.

La nomination de Gavin Williamson, 46 ans, au sein du cabinet de Rishi Sunak avait déjà suscité les interrogations tant le personnage divise. Il avait déjà été limogé à deux reprises de gouvernements, sous Theresa May d’abord en raison d’une fuite de documents puis sous Boris Johnson pendant la pandémie. Surtout, Rishi Sunak aurait été mis au courant en amont d’accusations visant le ministre, suscitant les critiques de l’opposition. Rishi Sunak, qui avait répété mardi sa confiance en son ministre, a indiqué dans la soirée qu’il acceptait sa démission « avec une grande tristesse » mais qu’il la « comprenait ».