Roumanie : Le proeuropéen Klaus Iohannis réélu à la présidence

Klaus Iohannis (au centre) a remporté l’élection présidentielle, le 24 novembre 2019, à Bucarest. — Andreea Alexandru/AP/SIPA

Il est largement arrivé en tête au premier tour, comme au second. Le libéral Klaus Iohannis a remporté dimanche un second mandat présidentiel en Roumanie, selon deux sondages réalisés à la sortie des urnes. Il bénéficie d’une franche avance, qui marque la volonté des électeurs de défendre l’Etat de droit et la lutte contre la corruption.

Cet ancien professeur de physique de 60 ans a recueilli entre 64,8% et 66,5% des voix, selon ces sondages, infligeant la défaite la plus sévère à un candidat du principal parti de gauche depuis la chute du régime communiste il y a trente ans.

Viorica Dancila, la dirigeante du Parti social-démocrate (PSD) et adversaire du chef d’Etat sortant, totaliserait entre 33,5% et 35,2% des voix. Cette dernière a dirigé le gouvernement pendant près de deux ans avant d’être renversée en octobre par le Parlement.

Une justice anticorruption affaiblie

Le PSD, parti de gauche aux accents populistes et eurosceptiques qui domine la vie politique roumaine depuis 1990, fait les frais de son impopularité croissante, liée notamment à ses tentatives d’affaiblir la justice anticorruption et aux scandales ayant touché nombre de ses élus.

La formation social-démocrate, issue de l’ex-parti communiste, a été ces dernières années accusée de saper l’Etat de droit et d’isoler la Roumanie sur la scène européenne.

Klaus Iohannis, grand favori du scrutin, était soutenu par les dizaines de milliers de Roumains qui sont descendus dans les rues depuis 2017 pour dénoncer les réformes de la justice menées par la gauche.

Trois années de cohabitation houleuse

Après la motion de censure contre Viorica Dancila, un cabinet de centre droit sous la houlette du Parti national libéral (PNL), dont est issu Klaus Iohannis, a pris les rênes du gouvernement. Mais le PSD reste majoritaire au parlement et les prochaines législatives sont prévues fin 2020.

Durant ses presque trois années de cohabitation houleuse avec la gauche, Klaus Iohannis s’est livré à une guerre d’usure pour entraver la réforme du système judiciaire menée au pas de charge par le PSD.

Septième pays le plus peuplé de l’Union européenne avec 19,4 millions d’habitants, la Roumanie affiche cependant de profondes disparités entre les centres urbains, dont le niveau de vie se rapproche des standards européens, et les zones rurales, parmi les plus pauvres du continent.

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Election présidentielle : Le pro-européen Iohannis largement en tête au premier tour

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