« Rouge » : Et si ce film passionnant et écologique était le « Dark Waters » français ?

Rouge de Farid Bentoumi est un film important. Auréolé du label Festival de Cannes 2020 puis présenté au Festival de Deauville de la même année, ce film passionnant s’apparente à Dark Waters, de Todd Haynes, par la façon dont il s’inspire de l’actualité pour dénoncer les pratiques scélérates d’industries pollueuses.

Une journaliste, jouée par Céline Salette, et une infirmière, campée par Zita Hanrot, découvrent que l’entreprise dans laquelle travaille le père de cette dernière gère ses déchets toxiques de façon désastreuse. Le papa syndicaliste (Sami Bouajila) et son patron (Olivier Gourmet) ne sont pas enchantés par leur intervention militante.

Inspiré d’une histoire vraie

Le réalisateur de Good Luck Algeria s’est inspiré de l’usine de Gardanne pour son scénario. « Lorsque j’ai vu les photos de cette usine et ses boues rouges, j’ai trouvé ça très frappant en termes cinématographiques. J’ai transposé mon histoire dans ce type d’usines, qui existe aussi ailleurs dans le monde, » explique-t-il dans le dossier de presse. S’il a volontairement changé le décor, la problématique demeure la même : comment concilier sauvegarde des emplois et préservation de la nature ?

Rouge frappe par son puissant contenu écologique, comme par la force des rapports agitant des personnages qui ont souvent du mal à choisir envers qui ils doivent se montrer loyaux. Enjeux familiaux, professionnels et sanitaires se télescopent pour mettre l’accent sur un terrible scandale. Le « rouge » du titre est à la fois un symbole de combat et l’image d’une pollution galopante. Il tape dans la rétine d’un spectateur d’autant plus emporté par le film que Farid Bentoumi évite tout manichéisme.