Retraites : Marine Le Pen met en garde le gouvernement contre une réforme à l’automne

Le gouvernement ne sera pas soutenu par le Rassemblement national cet automne. Marine Le Pen a promis mardi « une opposition totale » de son parti si le gouvernement tente de réformer les retraites d’ici quelques semaines comme Emmanuel Macron l’a laissé entendre lundi soir devant l’Association de la presse parlementaire.

« Si Emmanuel Macron, comme je peux l’entendre, se sert du budget de la Sécurité sociale pour s’attaquer aux retraites, c’est-à-dire contourner en réalité un débat véritablement sur ce sujet, il va se trouver confronté à une opposition totale de notre part », a averti sur France 2 la patronne du groupe RN à l’Assemblée nationale.

Selon elle, « il n’y a absolument aucune urgence à s’attaquer aux retraites au moment précisément où les Français sont confrontés à des difficultés de pouvoir d’achat qui sont majeures ». « Nous serons, nous députés du Rassemblement national, à nos postes pour défendre les Français », a-t-elle assuré. Avant de préciser : « Nous n’avons pas besoin d’aller dans la rue car Emmanuel Macron n’a pas une majorité absolue à l’Assemblée nationale, donc nous le mettrons en minorité sur sa volonté de réformer les retraites ».

Lundi, devant l’Association de la presse présidentielle, le président de la République a souhaité que la réforme des retraites entre en vigueur « dès 2023 ». Sera-t-elle examinée dès cet automne dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, comme certains dans la majorité le suggèrent ? Cette décision « appartiendra » au gouvernement, au fond « les choses importent peu », a-t-il dit.

Le RN ne votera probablement pas le budget

Interrogée sur le vote du budget de l’État, Marine Le Pen a également confirmé « qu’il y a quand même très peu de chances pour que nous votions le budget » car « c’est la traduction financière des grands choix politiques d’un gouvernement » et « notre vision politique est éloignée de celle d’Emmanuel Macron ».

« S’il souhaite passer en force, qu’il se méfie parce qu’en règle générale, quand il y a un 49.3, il peut aussi y avoir une motion de censure et nous ne nous interdisons pas de la voter », a-t-elle mis en garde.

Opposée à une loi sur la fin de vie

La finaliste de la dernière présidentielle est également opposée à une nouvelle loi sur la fin de vie, comme l’envisage le chef de l’État. « Il ne faut pas de loi, ce sont des sujets qui touchent à l’intime, si tant est qu’il faille prendre des décisions, c’est au peuple français de les prendre, et à mon avis, ça ne peut passer que par l’intermédiaire d’un référendum », a estimé Marine Le Pen. « En ce qui me concerne, j’y suis opposée, je pense que nous avons une loi qui est bien faite, la loi Claeys-Léonetti et il ne faut pas aller au-delà », a-t-elle ajouté.

Lundi, le président de la République a évoqué le lancement d’une convention citoyenne « dès octobre ». « L’idée », a-t-il poursuivi, « c’est de se donner environ six mois et, en fonction des réponses et retours (…), avant la fin 2023 le cas échéant faire changer le cadre légal ».