Retraites : Contre la réforme, la Nupes s’affiche unie en meeting à Paris (et oublie ses soucis)

De nombreux drapeaux rouges s’agitent ce mardi soir au gymnase Japy, dans le 11e arrondissement de Paris. Deux jours avant la journée de grève contre la réforme des retraites, la gauche s’est donné rendez-vous pour un premier grand meeting commun. Olivier Faure (PS), Mathilde Panot (LFI), Fabien Roussel (PCF) et Marine Tondelier (EELV) attendent ensemble à l’entrée de la salle avant de monter sur scène.

Les flashs crépitent, les sourires sont parfois crispés, mais les quatre responsables de la Nupes s’efforcent de (sur)jouer les bons copains devant les caméras. L’objectif du soir est simple : oublier les crispations et montrer que la gauche fait bloc contre le projet de loi d’Emmanuel Macron et de son gouvernement, qui sera débattu ces prochaines semaines au Parlement.

« Le front du refus est unanime »

« Elle est belle la gauche quand elle se rassemble pour changer la vie des Français. Oui, il existe un autre monde, une alternative ! Nous nous battons ensemble car nous croyons qu’un autre partage est possible ! Avançons, combattons, donnons-nous les mains, ne nous résignons pas ! », lance Olivier Faure au micro, sous les vivats. « La retraite est un choix de société. Si le peuple est si nombreux à résister, c’est parce qu’il sait qu’un autre modèle est possible. Vous êtes là car vous pensez que le gouvernement essaye de faire des milliards d’économie sur le dos des travailleurs », ajoute Mathilde Panot, la cheffe de file des insoumis à l’Assemblée nationale.

Dans la salle, les militants ayant bravé les 3 degrés du soir se réchauffent en applaudissant chaque saillie. Le rouge communiste se mêle au vert écolo et au violet insoumis. Une unité qui n’étonne pas Julien Bayou, député de Paris et ancien patron d’EELV. « Le front du refus est unanime. Il n’y a pas de débat, on en avait déjà parlé et on s’était mis d’accord avant les législatives », dit-il, rappelant que la retraite à 60 ans à taux plein faisait partie du programme commun de la coalition de gauche en juin dernier. « Il faut d’abord protéger les acquis, et derrière, on pourra faire entendre la pluralité de nos propositions », ajoute-t-il.

« Cette unité n’est pas près de se briser »

Ce mardi soir, les rancœurs de la présidentielle, les divergences programmatiques, les divisions pour les européennes, les tensions autour du cas Quatennens, la purge à la tête de LFI ou la bataille pour le trône socialiste ont été mises sous le tapis. Le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, adversaire très critique d’Olivier Faure, est d’ailleurs bien présent dans les travées.

A quelques heures de la grande explication, la gauche veut montrer qu’elle avance d’un seul pas, confiante sur la mobilisation à venir. « Quand vous commencez la bataille avec 80 % des Français qui sont contre le recul de l’âge de départ à 64 ans, c’est un beau rapport de force », sourit Mathilde Panot devant les journalistes. « Il y a une unité syndicale comme jamais vue depuis plus de quinze ans. Cette unité n’est pas près de se briser car elle a un seul objectif : faire retirer cette réforme brutale et injuste. »

Marine Tondelier, nouvelle patronne des écolos, pense déjà à amplifier le mouvement. « Il faut une convergence des luttes. Notre défi sera de faire venir les jeunes du mouvement climat, qui n’ont pas forcément ce combat en tête parce que la retraite leur paraît loin. » A la tribune, en toute fin de meeting, le communiste Fabien Roussel, qui a égratigné la Nupes le matin même, en rajoute une couche sur l’union, et appelle à faire « trembler les murs de l’Elysée » lors de la manifestation de jeudi. Une unité totale… ou presque. Les insoumis n’ont pas réussi à convaincre leurs partenaires de défiler à leurs côtés, sans les syndicats, ce samedi, pour leur grande « marche pour les retraites ».