Retrait de Benjamin Griveaux : « Soutien », « attaque indigne », « inquiétant »… La classe politique parisienne et nationale réagit

Benjamin Griveaux lors de ses vœux, le 16 janvier 2020. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

  • Un site Internet a diffusé mercredi soir une vidéo intime et des messages connotés adressés à une femme, affirmant qu’ils émanaient de Benjamin Griveaux. Jeudi, ils ont peu à peu été partagés et commentés. Conséquence directe : le candidat a jeté l’éponge ce vendredi matin.
  • De nombreux candidats à la mairie de Paris et de personnalités politiques ont réagi cette annonce et cette attaque.

L’onde de choc dans bataille municipale parisienne et même au-delà. Ce vendredi, le candidat de La République en marche (LREM) pour la mairie de Paris, Benjamin Griveaux, a retiré sa candidature dans le but de protéger ses proches après la diffusion d’une vidéo à caractère sexuel. A un mois du premier tour, ses adversaires et des élus de tous les bords politiques réagissent.

Les candidats à la mairie

La maire de Paris et candidate Anne Hidalgo (PS) a tenu à réagir. « J’appelle au respect de la vie privée et au respect des personnes. Les Parisiennes et les Parisiens méritent un débat digne, à la hauteur des défis que nous avons à relever ».  Cédric Villani (dissident LREM) s’est également exprimé. « J’adresse à Benjamin Griveaux, ainsi qu’à sa famille, mon soutien plein et entier dans cette épreuve. Je prends acte de sa décision difficile. L’attaque indigne qu’il subit est une menace grave pour notre démocratie ».

David Belliard (EELV), « le respect de la vie privée est un droit fondamental, aucun engagement public, politique, ne doit le remettre en cause. Au nom de l’ensemble des écologistes, j’en appelle au respect de chacun pour un débat démocratique serein », note-t-il. Et de préciser : « Les Parisiens méritent mieux ». « La politique mérite bien mieux que ces instrumentalisations de la vie privée dès lors qu’il s’agit d’adultes consentants. La boue, ça suffit », évoque Danielle Simonnet (LFI).

« Les Parisiens méritent une campagne apaisée et digne, à la hauteur des enjeux majeurs pour l’avenir de Paris. Je prends acte de la décision de Benjamin Griveaux de se retirer de la campagne pour les élections municipales à Paris. Nous continuons à porter notre projet pour Paris et les Parisiens avec ambition et détermination », a déclaré Rachida Dati, candidate (LR). Chez LREM, on vole à la rescousse de Benjamin Griveaux.

LREM sous le choc

Le candidat a pris sa décision seul et « personne ne l’a forcé », a souligné la députée Olivia Grégoire, l’une de ses porte-parole, tandis que le monde politique s’inquiétait d’un épisode vu comme « une menace pour la démocratie ». Contacté par 20 Minutes, Le patron des sénateurs LREM, François Patriat est sous le choc. « Je vais mal… je suis sidéré, ulcéré… J’ai appris que des vidéos circulaient hier par la presse, mais je n’ai pas regardé (…) ça atteint le mouvement. L’onde de choc nous touche tous, à la fois humainement et politiquement ». Et de préciser : « Ce qui me choque, c’est qu’on s’attaque à lui avec de l’intime, du personnel, de la vie privée… Ça ne regarde personne, que ça soit étalé comme ça, c’est affligeant, c’est triste et inquiétant pour la démocratie ». « Il a pris ses responsabilités, ma crainte c’est qu’il lui arrive un malheur à lui personnellement… C’est très difficile pour lui, pour sa famille. », abonde François Patriat.

Stanislas Guerini, le délégué général de LREM, a remercié vendredi Benjamin Griveaux qui a « placé le collectif avant sa personne » en se retirant de la campagne des municipales à Paris après des « attaques immondes » qui selon lui ne sont « pas à la hauteur de notre démocratie ». « Je réunirai dans les prochaines heures les cadres de la campagne parisienne (…) pour réfléchir collectivement, rapidement, à la meilleure proposition pour continuer à porter notre projet et à incarner le changement pour Paris », a précisé Stanislas Guerini, à la sortie d’une réunion de crise au siège de campagne de Benjamin Griveaux. « Je respecte son choix. J’aurai l’occasion de lui exprimer ma sympathie et mon soutien », a indiqué de son côté le premier ministre Edouard Philippe. Certains opposants ont également tenu a condamner cette attaque.

« Refusons le naufrage voyeuriste »

« Refusons le naufrage voyeuriste de la vie publique du pays » : le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a condamné vendredi la publication « odieuse » « d’images intimes pour détruire un adversaire », après le retrait de Benjamin Griveaux de la campagne municipale à Paris. Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, a aussi visé les réseaux sociaux pour dénoncer ces agissements : « La politique, c’est du débat, ce sont des idées que l’on combat ou que l’on défend. Mais cela n’est pas ça. Ceux qui participent à cette opération sont d’ignobles personnages ».

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