Résultats municipales à Toulouse : Moudenc contre deux listes de gauche à 50 %
Au premier tour des municipales à Toulouse, Jean-Luc Moudenc obtient 37,3 % des voix, suivi de François Piquemal avec 27,2 % et François Briançon à 24,7 %, selon l’estimation Ipsos BVA CESI. Les candidats de gauche, dont Piquemal, risquent d’organiser un accord pour le second tour, qui s’annonce serré.
Le cri de joie à 21 heures a vraisemblablement réveillé toute la rue Raymond-IV à Toulouse. Au quartier général de Jean-Luc Moudenc, le maire sortant (divers droite) qui cherche un troisième mandat, les bénévoles étaient fixés depuis des heures devant leurs écrans et leurs tableurs Excel, à répertorier chaque résultat pour anticiper, appréhender et analyser les premières tendances de la soirée. Pizzas servies à la hâte, ambiance studieuse et tendue : le premier tour des municipales, c’est fait.

Cependant, le match du XV de France contre l’Angleterre avait bien plus de suspense à Toulouse que ce scrutin. Le candidat sortant était donné dans les sondages à 33 %, suivi de près par le chef de la Gauche unie François Briançon à 30 % et François Piquemal (LFI) à 23 %. La Ville rose, réveillée au coup de pied de Ramos, n’a pas ignoré les urnes pour autant. Et c’est le même cri, qu’il provienne des supporters du rugby ou de l’équipe de Moudenc, qui a résonné quand les premières estimations ont été publiées : l’édile sortant était clairement en tête.
La surprise Piquemal face à Moudenc
La véritable surprise de la soirée, néanmoins, c’est François Piquemal. L’insoumis passe de la troisième à la deuxième place, tandis que François Briançon, parti dans une position « extrêmement floue », selon le maire sortant, est sanctionné. Le premier tour s’est terminé dans une tension palpable après ces derniers sondages serrés.
En attendant les résultats définitifs, l’horizon de deux candidats de gauche tend, sans le montrer explicitement, l’équipe de Jean-Luc Moudenc qui essaie déjà de récupérer des voix pour le second tour, en particulier du côté de l’extrême droite. En coulisses, l’un d’eux a ainsi pu glisser que « ce ne sont pas des électeurs fachos ». Le maire, quant à lui, est « ouvert » à toute voix.
« Un esprit de rassemblement et non pas de brutalisation »
Ce dernier reste en effet lucide, dans le contexte national actuel et son expression parle d’elle-même : face à une gauche potentiellement unie, il pourrait tout perdre. « Rien n’est joué, le second tour s’annonce serré, lâche-t-il. Entre le danger mélenchoniste et le large rassemblement municipal que je propose, les Toulousains devront choisir. Le seul bulletin de vote efficace contre le mélenchonisme, c’est le mien, c’était vrai avant le premier tour et c’est vrai pour le deuxième. Je présente un esprit de rassemblement et non pas de brutalisation. »
Selon lui, si ce premier tour ressemblait encore à un vote de préférence politique, le second, insiste-t-il, « ce n’est pas une question d’étiquette ». Une tentative, encore, pour tenter d’éviter le mur rose et rouge qui se dresse devant lui. Serein ? Il sourit : « 37 % ce n’est pas 50 % ».
Selon l’estimation Ipsos BVA CESI pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN, Jean-Luc Moudenc obtient 37,3 % des voix devant François Piquemal (27,2 %) et François Briançon (24,7 %). L’estimation Ifop-Fiducial pour TF1, LCI et Sud Radio lui accorde même 38,8 % devant Piquemal (27,3 %) et Briançon (24,1 %).
Les résultats des municipales commune par commune
En résumé, à Toulouse, le match n’est pas terminé. Un second tour serré et explosif se profile, surtout si les gauches optent pour un accord. La semaine sera décisive, tant pour Jean-Luc Moudenc que pour son opposition.

